Stratégies et outils pour renforcer et enrichir l’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience

Résumé

La validation des acquis de l’expérience représente une voie d’accès aux diplômes de l’enseignement supérieur pour ceux qui ont quitté la formation initiale sans qualification ou qui ont une qualification insuffisante pour réaliser un objectif à la fois professionnel et personnel. La dimension formative de la démarche VAE fait appel à l’accompagnement pour permettre aux individus de bien profiter de ce droit individuel à la formation. Les NTIC offrent la possibilité d’étendre ce service sur la modalité à distance, rapprochant le dispositif d’une plus large population. Sur la base de l’équité et de l’efficacité, nous avons fait de notre démarche professionnelle un atout pour réfléchir sur  l’accompagnement et mettre en place des outils  dans l’objectif de l’enrichir et de le renforcer.

Introduction

Le marché de l’emploi tel qu’on le connait actuellement dans le monde occidental devient de plus en plus compétitif par l’arrivée de nouvelles ressources humaines plus ou moins qualifiées et compétentes. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles la formation continue s’impose à tous ceux qui veulent évoluer ou sécuriser leur emploi. L’un des moyens d’apporter une réponse à ce phénomène est la mise en place d’un cadre de développement professionnel par l’accompagnement dans l’insertion professionnelle, le conseil, l’orientation. Aussi, convient-il de développer des pratiques d’évaluation et de bilan de compétences, pour aider à la reconversion professionnelle.

Intégrer un Master 2 « Conseil en Développement Professionnel » poursuit l’objectif de se doter de compétences nécessaire permettant d’intégrer les structures grâce auxquelles on peut non seulement évoluer professionnellement mais encore mettre ses connaissances au développement professionnel des autres.

Le caractère professionnel de notre spécialité exige qu’un stage professionnel se réalise. C’est ainsi que nous avons accepté la commande de la cellule VAE du service de la formation continue de l’Université de Toulouse II Le Mirail qui souhaite rendre accessible à tous le dispositif VAE en adoptant la modalité d’accompagnement à distance. Selon cette commande, il faut réfléchir sur les outils d’accompagnement à distance. Ce mémoire explique notre intervention selon une double dimension théorique et pratique.

Nous avons travaillé sur l’accompagnement des candidats à la VAE en tenant compte de la bi-modalité : en présence et à distance.

La première partie de notre travail prend en compte le contexte de la situation professionnelle où nous présenterons la formation continue et les paramètres que l’on ne peut pas négliger dans tout discours sur la validation des acquis de l’expérience.

La deuxième partie  qui concerne l’étayage théorique nous permettra d’étudier le facteur de l’implication professionnelle, ses mesures et les compétences qui s’imposent à travers les multiples acteurs au fil des étapes où l’accompagnement intervient. Aussi nous comptons aborder l’articulation du concept d’accompagnement dans le contexte de la VAE afin de faire le glissement vers une problématique de l’accompagnement à distance de la VAE.

La phase empirique concerne la troisième partie où nous présenterons la méthodologie de collecte et d’analyse des données. Cette analyse nous permettra de mieux répondre à la question de départ. Après l’analyse, on établira un diagnostic de l’accompagnement VAE à l’UTM au regard des concepts développés et la réalité du terrain. Cela nous permettra de proposer un dispositif d’accompagnement à distance de la VAE. Les repères pour l’action figureront dans cette partie.

Les deux dernières parties porteront respectivement sur une auto-évaluation du développement professionnel et sur un projet-professionnalisation pour le contexte professionnel haïtien que nous aurons à intégrer et au développement duquel nous travaillerons.

1.1.-La formation continue : évolution

Les revendications ouvrières de 1968  d’un droit à la formation pour « compenser les déficiences de ceux qui ont abandonné la formation initiale sans qualification » (Terrot, 1997) reviennent souvent comme le point de départ de la Loi de la Modernisation Sociale de 2002 ayant donné lieu au processus de la Validation des Acquis de l’Expérience. Mais, à en croire Terrot, il faut remonter loin dans l’histoire pour comprendre comment le concept de la formation continue a pu trouver sa place dans la modernité. Dans l’histoire de l’éducation des adultes en France, nous comprenons que l’idée remonte à Luther en 1524 qui a lancé le fameux appel à généraliser l’enseignement car « connaître l’écriture sainte est nécessaire à tous ». Avec la contre-réforme du Concile de Trente et lors de la dernière session de 1563, l’Église catholique a suivi le message de Luther pour contrecarrer la montée du protestantisme. Ce travail d’instruction s’écarte d’une action purement ponctuelle pour établir son déroulement tout au long de la vie.

L’idée de rendre l’instruction accessible à tout le monde sera développée par les « corporations » ouvrières mais l’idée de perfectionnement tout au long de la vie n’était pas envisagée. Luc Pasquier[1] (2009) nous présente une esquisse de la formation des adultes avec  l’œuvre de Jean-Baptiste de La Salle dans la « la formation des artisans » en 1709. La publication en 1751 de l’Encyclopédie est expliquée par Terrot comme « l’idée de formation continue en action ». Il a fallu attendre le rapport de Condorcet en 1791 pour entendre dire que « l’instruction publique ne peut s’arrêter à la sortie de l’école et doit se prolonger tout au long de la vie ». Plusieurs rapports ont pris en compte l’idée de la formation continue ou formation tout au long de la vie mis à part Condorcet, notamment Talleyrand et Lanthenas. Au XIXème siècle de grandes campagnes visent l’alphabétisation des travailleurs avec un perfectionnement des connaissances.

À la création de la Confédération Générale du Travail (CGT) le 23 sept. 1895, une certaine « justice sociale et une défense des droits individuels et collectifs des salariés[2] » sont mises en route. A la fin de la première guerre mondiale (1919) émerge la formation professionnelle continue dirigée par le Conservatoire Nationale des Arts et Métiers et on glisse peu à peu vers la loi de la promotion sociale (1958). La promotion sociale lancée par Michel Debré créant en 1971 le droit aux congés payés pour suivre une formation est une porte ouverte sur les réalisations de 2002. Avec la loi de la Modernisation sociale de 2002, la formation tout au long de la vie est le chemin vers la promotion sociale. Que devient la formation continue dans ce nouveau paradigme ?

Dans le contexte actuel, la formation continue est le secteur de formation qui concerne ceux qui ont quitté la formation initiale. En France, elle s’articule autour des concepts de formation permanente, de formation tout au long de la vie et de promotion. La formation continue respecte le principe de droit individuel de la formation (DIF). Elle a une double dimension légale et institutionnelle. Légale, puisque sa mise en place a une couverture législative, c’est-à-dire appuyée par des textes de lois. Elle est inscrite dans le livre IX du Code du Travail (Art. L. 900-1. –  La formation professionnelle continue tout au long de la vie constitue une obligation nationale.) Institutionnelle, puisqu’elle prend sa place dans un système ayant des tâches spécifiques,  des valeurs et une identité propres (« L’Etat, les collectivités locales, les établissements publics, les établissements d’enseignement publics et privés, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales, ainsi que les entreprises, concourent à l’assurer »). Aussi, est-elle une entité autonome fonctionnant de manière indépendante. La formation continue est la mission de multiples organismes privés ou publics en pleine concurrence. Dans notre contexte, l’organisme en question est le service de la formation continue de l’Université de Toulouse II le Mirail.

Une exploration du site web[3] de ce service nous permet d’abord d’observer ses interventions en prestations et en domaines d’activités. Les prestations regroupent les structures travaillant dans la reprise d’études, la validation des acquis de l’expérience (VAE), la formation ouverte à distance (FOAD), des formations diplômantes et qualifiantes, des stages, des alternances de professionnalisation et des expertises pour les entreprises. Les domaines d’activités sont les sciences et technologies, le diplôme d’accès aux études universitaires(DAEU), les métiers des bibliothèques, les langues, psychologie et psychanalyse, communication et management, hôtellerie et tourisme, éducation et formation, santé et intervention sociale. Ce qui signifie qu’il a « pour vocation de mettre (handicapés, retraités, salariés, demandeurs d’emploi, responsables de formation, employeurs, etc.) en relation avec l’ensemble de l’université et de ses expertises tant pédagogiques que scientifiques[4] ». De cette longue liste, la prestation que nous allons considérer dans notre étude est la validation des acquis de l’expérience ou VAE.

1.2.-VAE : origine, évolution, objectifs

Le décret no 85-906 du 24 Août 1985 permet l’accès à une formation proposée par un établissement pour la préparation d’un diplôme national, en dispense du titre normalement exigé. Il peut y avoir également dispense totale ou partielle de certains enseignements, ou au contraire prescription d’enseignement. La loi du 20 juillet 1992 tient compte des acquis professionnels pour délivrer une partie des diplômes délivrés uniquement par le Ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse, des Sports et de l’Agriculture. L’obtention de certains modules exigeait certaines fois la passation des examens en plus des cinq années continues d’expérience professionnelle. A la suite de la loi sur la Modernisation Sociale du 17 janvier 2002 visant la protection des droits des salariés, survient la loi du 24 avril 2002 qui apporte de grands changements aux textes de la validation des acquis professionnels et qui donne naissance à ce « carrefour d’enjeux multiples[5] » qu’est la Validation des Acquis de l’Expérience.

La VAE est un droit individuel inscrit dans le Code du Travail – Sixième Partie « La formation professionnelle tout au long de la vie » Livre IV – Articles L.6411 1 à 10 et L. 335-5 et L.335-6 du code de l’éducation. Dans le cadre des diplômes de l’enseignement supérieur, la VAE est régie par le décret no 2002-590 du 24 avril 2002. Alors que la VA 85 concerne les reprises d’études, la VAE permet d’obtenir tout ou une partie d’un diplôme, inscrit au répertoire National de Certifications Professionnelles, en validant les acquis de trente-six mois d’expériences professionnelles salariées, non salariées ou bénévoles. Elle rejoint cette volonté « d’ouvrir l’université aux adultes » dans le cadre du droit à la promotion sociale. La démarche de VAE vise aussi le renforcement de l’employabilité, l’insertion et/ou la réinsertion professionnelle, l’évolution ou la reconversion professionnelle

1.2.1.-Les étapes actuelles de la démarche à l’UTM

La vérification des 36 mois d’expériences professionnelles salariées, non salariées ou bénévoles donne lieu à une recevabilité administrative. Le candidat passe un entretien avec un référent, professionnel du diplôme qui émet un avis favorable, défavorable ou réservé pour ce qui est la recevabilité.  Dans le cas d’un avis défavorable de faisabilité, le candidat peut ne pas pouvoir poursuivre la démarche s’il ne sait pas qu’il faut faire un recours. Le candidat poursuit la démarche en phase 2 si son dossier est administrativement recevable et l’avis de faisabilité est réservé ou favorable. L’accompagnement y est, contrairement à ce que disent les textes de lois, obligatoire.

Phase 1                                                          Phase 2

-Recevabilité                                                  -Accompagnement méthodologique

-Faisabilité                                                      -Accompagnement disciplinaire

-Atelier d’explicitation de parcours               -Jury

Pour que la démarche VAE se fasse selon le principe de l’égalité des chances et sous une couverture légale, de nouvelles dispositions sont prises.

 1.2.2.-Nouvelles dispositions

Phase 1                                               Phase2 (Possibilité de se faire  accompagner)

Recevabilité                                                    Élaboration du dossier

Inscription au diplôme                                  Entretien avec le jury/délibération

L’avis de faisabilité ne disparaît pas car l’entretien avec le référent existe toujours et complète la justification des trente-six (36) mois d’expériences professionnelles salariées, non salariées ou bénévoles. Le but de l’entretien est de vérifier si les expériences sont en lien avec le diplôme visé. L’accompagnement est facultatif et la démarche peut se faire à distance.

1.2.3.-Coûts et financement

Le Plan de Formation, le Droit Individuel de la Formation (DIF), le congé VAE sont les principaux dispositifs mis en place pour favoriser la formation continue et la validation des acquis. L’État, (à travers les conseils régionaux), les organismes Paritaires des Collecteurs Agréés (OPCA), sont les principaux financeurs de la démarche. Les textes de lois ne précisent pas le montant qu’une personne doit verser au cours de la démarche autorisant ainsi les organismes certificateurs à agir librement en fixant leurs coûts. Le coût d’une démarche VAE à l’UTM est de 1559€ ainsi répartis : 671 €  pour la première phase et 888 € pour la deuxième phase. Dans les nouvelles dispositions, les frais d’étude de la demande de recevabilité remontent à 100 €. La deuxième phase 470 € qui s’ajoutent aux frais d’inscription au diplôme sinon 1425€, pour un candidat qui aurait choisi la démarche avec accompagnement.

1.3.-Vers une démarche à distance

La mise en place de la VAE s’inscrit dans le respect des valeurs de l’égalité des chances. L’existence de la démarche seulement en présentiel ne priorise pas cette valeur d’égalité des chances pour les personnes géographiquement éloignées, pour  les personnes atteintes d’un handicap physique rendant difficile leur déplacement. On peut ajouter à ces multiples causes le fait que pour des raisons strictement personnelles comme accéder à un poste dans une entreprise différente par exemple, un salarié peut ne pas pouvoir solliciter un congé VAE à son employeur. Pour des raisons internes de service, certains patrons sont obligés de pousser le congé VAE vers une date qui n’est pas compatible avec l’agenda du salarié. Certains employés des entreprises françaises délocalisées ont droit à tout ce qui concerne la formation continue mais sont bloqués par leur éloignement géographique.  La démarche VAE devient un mont escarpé pour la plupart des personnes appartenant à ces différents cas. Le service de la Formation Continue de l’UTM[6] décide d’apporter une réponse à ce problème en créant des structures pour permettre aux candidats d’entreprendre la démarche à distance. Cette mise en  place va s’appuyer sur les outils d’accompagnement utilisés pour les candidats en présentiel. L’utilisation des technologies de l’information et de la communication est importante. Un enrichissement des outils utilisés pour l’accompagnement  en présentiel devrait permettre le glissement sur les outils à développer pour l’accompagnement à distance. Le thème de la mission de stage concerne les stratégies d’accompagnement à distance des individus dans le cadre de la VAE. Les objectifs sont l’exploration des outils d’accompagnement existants pour la démarche en présentiel et la mise en place des outils d’accompagnement à distance. Les activités de support concernent une recherche sur les outils proposés par les principaux théoriciens de l’accompagnement.

1.4.-Questions professionnelles

En faisant de l’accompagnement une prestation obligatoire dans la démarche VAE à l’UTM, tous les candidats bénéficient du service. Notre premier objectif ne consiste pas seulement à vouloir l’améliorer, ce qui signifierait qu’il est mal pensé. La première interrogation consiste à comprendre comment peut-on le renforcer pour obtenir des résultats de plus en plus intéressants.

Un certain recul sur la mission de stage nous a poussés à analyser les stratégies de prévention du décrochage. Considérant les formations à distance, Otto Peters[7](1971) décrit quatre formes de distance : spatiale, temporelle, psychologique, sociale. Les outils d’accompagnement à distance devraient réduire les distances considérées comme obstacles dans un accompagnement à distance d’un parcours formatif. Il serait important de considérer les différents types de distance qui rentrent en ligne de compte. Lutter contre d’éventuels abandons semble signifier réduire voire éliminer ces distances. Quels sont les outils à développer pour les réduire?

Ne pas penser à la présence de l’humain renvoie à l’idée de transformer la démarche d’accompagnement à distance en une mise en ligne des outils d’aide. Dans le cadre des pratiques d’enseignement à distance, le pourcentage d’abandon pour des raisons de toutes sortes est toujours un problème qui mérite de l’attention. Selon une enquête menée en octobre 2006[8] par le Centre Académique de Formation Continue (CAFOC) de Nantes, les abandons définitifs valent 38.5% sur une population de 320 candidats.

La force du regard, le face-à-face, l’identification de l’accompagné à l’accompagnant découlant de la relation d’accompagnement, l’aspect psycho-affectif participent tous à leur niveau dans le renforcement de l’implication des différents acteurs à la fois au niveau de l’accompagnement méthodologique et au niveau de l’accompagnement disciplinaire.  Comment rendre manifestes ces situations dans l’accompagnement à distance ? Comment doivent s’impliquer les acteurs  pour éliminer les distances possibles dans un parcours de formation avec accompagnement au prisme de cette modalité particulière dite « à distance » ?

L’histoire des guerres de l’Antiquité a montré que les conquérants commençaient d’abord par créer une stabilité sur leur propre territoire avant de se lancer dans la conquête de nouvelles terres. Cette idée peu pertinente consiste à expliquer notre objectif qui a été de comprendre la situation d’accompagnement en présentiel, de repérer des axes d’améliorations avant même de nous lancer dans la mise en place un dispositif d’accompagnement selon une modalité à distance.

La réalité de notre mission est de réfléchir sur les outils d’accompagnement à distance et d’en proposer un dispositif. On part du principe qu’accompagner à distance doit permettre l’atteinte des mêmes objectifs de l’accompagnement en présentiel, pour cela nous nous demandons comment doit se dérouler l’accompagnement dans une modalité à distance ? Comment éviter que l’accompagnement en présentiel ne soit plus efficace que l’accompagnement à distance ?

 

2.1.-Problématique

Parmi les sept motifs présentés par Maela Paul permettant de saisir en quoi l’accompagnement constitue une figure emblématique de ces dernières années, trois d’entre eux apportent une explication spécifique à la décision de faire une VAE :

1. évolution des conduites professionnelles en relation à autrui ;

2.évolution du regard porté sur autrui en situation professionnelle ;

3.évolution du technique au relationnel en situation professionnelle ;

Accompagner un candidat qui fait sa VAE signifie l’aider à se familiariser avec les présupposés d’un parcours formatif où la plupart des activités qui conduisent à la fin de la démarche sont inhabituelles sur le terrain professionnel. Il est important de considérer le caractère altruiste du dispositif avant de voir le côté financier. De là, on comprend que l’implication professionnelle, l’engagement  et la participation se trouvent au cœur de la démarche d’accompagnement. Quelle forme de participation la démarche d’accompagnement exige-t-elle des acteurs ?

L’accompagnement trouve son importance par le fait qu’il est difficile pour un candidat d’établir le lien entre ses acquis et le contenu du diplôme. Il a pour objectif de faciliter l’élaboration du dossier VAE et de préparer le candidat à l’entretien avec le jury. Il nous semble pertinent de faire ressortir les stratégies et les outils nécessaires à enrichir et renforcer l’accompagnement VAE pour que le candidat arrive mieux à réaliser le projet qui est la base de sa décision de faire une validation des acquis de ses expériences. Quels sont les moyens à mettre en place pour mieux aider le candidat ? Nous vivons dans un monde où les nouvelles technologies de l’information et de la communication permettent de suivre à distance un important nombre de dispositifs à caractère formatif. La VAE ne fait pas exception à cette extension dite modalité à distance. Quelle implication des acteurs et quelles compétences à mobiliser pour que l’accompagnement soit envisagé sur les deux modalités de manière équitable?

Après avoir analysé le caractère pluridisciplinaire du concept d’accompagnement, nous présenterons l’importance d’une implication professionnelle active dans la démarche d’accompagnement VAE. Nous étudierons ensuite l’accompagnement à distance en décrivant les manifestations de l’implication professionnelle de Mias (1998).  Cela nous permettra de mettre l’accent sur les postures d’accompagnement dans une démarche VAE afin d’étudier quelle posture (Paul, 2004 ; Le Bouedec et al., 2001) à adopter et quelles compétences (Zarifian, Le Boterf, 2010) à mobiliser par les acteurs concernés. Nous nous attacherons à une étude de l’accompagnement à distance de la VAE en mettant l’accent sur les multiples acteurs, les postures, les compétences et les dimensions de l’implication selon les types d’accompagnement.

2.2.-L’ACCOMPAGNEMENT : UN CONCEPT  PLURIDISCIPLINAIRE

La cuisine, la musique pour ne citer que ceux-là sont autant de domaines que l’on peut retrouver dans le dictionnaire si on cherche le sens du mot accompagner. Dans le Petit Larousse (2006), on retrouve pour le mot accompagner : 1. Aller quelque part avec quelqu’un ; conduire, escorter/2. Mettre en place des mesures visant à atténuer les effets négatifs de quelque chose ; assister, aider/3. MUSIQUE : Soutenir pour un accompagnement musical/ 4. Faire en même temps ; ajouter à, joindre à. Nous ne nous sommes pas contentés de ces repères et c’est ainsi que nous notons les idées plutôt différentes présentées par le dictionnaire Encarta 2009 : 1. Servir de soutien ou d’aide 2. Se déplacer pour être auprès de. Ce qui revient à dire que l’accompagnement n’est pas un champ en lui-même et peut s’appliquer à n’importe quel contexte. L’idée de « cheminement » développée par Maela Paul(2003) s’avère manifeste quand on considère tout le mouvement qui consiste à retrouver quelqu’un sur sa route tout comme c’est le cas dans la VAE où la relation d’accompagnement d’un professionnel au candidat qu’on appelle ici client intervient à un certain moment du processus. On pourrait tout aussi bien dire qu’accompagner est l’action qui consiste à se retrouver sur le même chemin que quelqu’un après avoir pris l’ « engagement » (Mias, 1998) de l’aider pour qu’il arrive à destination. En ce qui concerne le verbe « accompagner », l’idée de mouvement est bien présente mais voyons pour le substantif toujours en considérant le Petit Larousse(2006) et le dictionnaire Encarta (2009).  Pour le premier cas on trouve : 1. Action, fait d’accompagner/ 2. Ce qui accompagne/3. MUSIQUE. Ensembles des parties vocales et instrumentales secondaires soutenant la partie principale/4. Ensemble d’actions et d’attitudes médicales et paramédicales visant à guérir ou soulager une personne atteinte d’une maladie grave de longue durée. Pour le deuxième on trouve : ce qui vient avec ou en complément de. C’est le seul sens qui comprend une nuance si on tient compte du Petit Larousse. L’idée de l’accompagnement pris dans le sens de « guider » ou d’ « escorter » témoigne de cette volonté de faire route avec ou d’arriver à bon port.

En tenant compte du premier sens donné par le Petit Larousse 1. Aller quelque part avec quelqu’un ; conduire, escorter, il est évident qu’une distance sépare l’individu du but qu’il veut atteindre. Les distances spatiale, psychologique sociale mises en évidence par Peters (1971) ont moins de rapport avec la dimension formative de la VAE mais établissent un lien avec l’idée de rapprocher le processus de quelqu’un qui n’est pas dans un cadre formel d’apprentissage avec les interactions, la rencontre des autres, la mise en commun des opinions. Ces distances se retrouvent réellement dans la démarche à distance et oblige l’organisme certificateur à les réduire afin d’arriver aux objectifs relatifs à la VAE.

2.3.-L’ACCOMPAGNEMENT  VAE : CONCEPTS

L’expression « s’engager dans une démarche VAE » a une importance capitale dans un discours dont l’objectif est de chercher à comprendre les dimensions et les manifestations de l’implication dans la situation d’accompagnement faisant partie de la démarche VAE. Qui s’engagent ? Comment se manifeste leur engagement ? Quel est leur objectif ?

Accompagner un candidat à la validation des acquis de l’expérience consiste à rendre dynamique une méthodologie pour baliser le travail de retour sur l’expérience, initier à une méthode de questionnement ciblé qui permette le dialogue avec soi-même, en incitant à regarder son expérience avec les yeux d’un autre et à tisser des concepts pragmatiques et concepts scientifiques[9] » (Paul, 2009). Cette approche de dimension constructiviste s’accompagne d’une réflexivité émanant de l’engagement de tous les acteurs concernés. L’engagement nous dit Christine Mias (l’implication professionnelle dans le travail social (pp.81-82)1998)  est « la relation qu’un individu entretient avec une décision ainsi que les actes générés par cette décision une fois prise ». Dans l’accompagnement, il s’articule autour de trois différents acteurs. Il y a d’abord l’engagement du service de la formation continue relevant de l’organisme certificateur, qui délègue les professionnels dans la mission d’accompagnement (ces derniers ne travaillant pas à titre individuel). En suite, il y a l’engagement du professionnel qui accepte la mission d’accompagner le candidat ayant choisi de se faire aider pour atteindre son but. En dernier lieu, rentre dans le débat  avec une place importante l’engagement du candidat se faisant accompagner dans cette démarche de « reconnaissance sociale » et de « reconstruction identitaire » (Gaudin et Guinaudeau, 2009, in Boutinet, op.cit.p.51). Son engagement est lié par sa position paradoxale où c’est lui qui dirige l’action consistant à lui apporter cette aide à créer des liens qu’il ne peut pas établir spontanément seul. Cela lui permet de créer une « zone d’incertitude » (Crozier et Friedberg, 1977) dans le fait que c’est à lui de guider le travail de l’accompagnateur qui, en réalité, sait mieux que lui ce qui doit être fait.

Les activités à réaliser au cours d’une démarche VAE débouchent sur une autre source de concept : les compétences, les acquis, l’entretien d’explicitation. Le caractère nouveau de ces activités pour le candidat amène l’expression de distances à réduire : distances cognitives, distances socioculturelles. Les distances cognitives peuvent se comprendre par le fait que ces activités ne s’inscrivent pas dans les pratiques professionnelles du candidat. Il doit s’initier à cette nouvelle pratique (modèle initiatique, Paul, 2004, p.165).

Le candidat qui fait une VAE a avant tout un projet à réaliser, ce qui permet de s’appuyer sur les postures -escorter/guider/conduire- dégagées par Maela Paul (2004, p.147). Cette volonté de rechercher la posture la plus adaptée pour aider à la réalisation du projet rejoint l’idée de Paul Lefebvre quand il définit l’objet du coaching[10]. Pour certains candidats, le monde universitaire est tout nouveau, l’accompagnateur doit le guider vers l’appropriation des codes académiques pour réduire cette distance que nous nommons distance socioculturelle. L’implication apparaît comme une stratégie assez pertinente pour que l’accompagnement se déroule sur une base d’efficacité et d’efficacité dans une bonne articulation du SRC[11] selon l’étude de Mias.

Qu’en est-il du SRC dans l’accompagnement VAE ? L’accompagnement est une commande du candidat de par son caractère facultatif. Le SENS peut être compris de deux manières : le sens qu’il a et celui qu’on lui donne. Dans le sens qu’il a, nous pouvons parler de sa raison d’être : il s’agit d’un individu qui reconnaît ses limites et qui demande un accompagnement. D’une manière paradoxale, s’il reste immobile, l’accompagnement perd tout son sens car les repères(le contenu du diplôme) ne pourront pas être utilisés. Attentes du jury et contenu du diplôme représentent les REPERES définis pour la relation de l’accompagnement. Ils sont mieux maîtrisés par l’accompagnateur, d’où la grande tendance des personnes à rentrer dans un processus VAE avec le service d’accompagnement. La dimension relationnelle de l’accompagnement n’exclut pas les dérives, le sentiment de CONTRÔLE est visé par le professionnel pour rentrer dans une posture professionnelle d’accompagnement. Il représente aussi le CONTRÔLE du candidat qui se remet sans cesse en question pour ne pas s’écarter de ses attributions. On peut faire aussi intervenir le CONTRÔLE de l’organisme certificateur qui vérifie que le dispositif VAE s’accomplisse au respect des décrets de lois. Nous pourrions faire intervenir de multiples entités. L’accompagnement VAE développe selon chaque groupe d’acteurs, une définition du Sens/Repères/Contrôle.

Pour continuer notre travail, nous allons analyser chaque groupe d’acteurs concernés par la VAE en tenant compte de leur rôle,  de leur engagement et de leur implication en tenant compte  du  processus d’accompagnement.

2.3.1.-Organisme certificateur : rôle, engagement et  implication

En dépit du fait que la loi précise le mode d’organisation de la VAE, les organismes certificateurs sont plutôt « libres » (Pinte, 2009, p.109[12]) de faire ce qu’ils veulent sans tenir compte de l’objectif des individus en faveur desquels cette loi a été élaborée. Pour beaucoup d’organismes certificateurs, l’accompagnement méthodologique est livré aux mains de salariés de la structure de la formation continue qui se préoccupent de suivre un calendrier au lieu de tenir compte des besoins de certains candidats qui n’ont jamais été sur les bancs de l’université et qui doivent faire face à un jury composé d’enseignants-chercheurs pour la plupart.

Les enseignants chercheurs n’interviennent que rarement au niveau de la dimension méthodologique de l’accompagnement et leur rôle ne consiste pas non plus à aider au positionnement. Cette première phase rentre dans les attributions du service de la formation continue de l’organisme certificateur. Ce dernier assure la phase méthodologique de l’accompagnement. Vu que la VAE est prescrite par des décrets officiels et que les organismes de l’enseignement supérieur confient la tâche au service de la formation continue, le service de la formation continue est plutôt impliqué dans la démarche dans un premier temps car il ne fait que prendre part (Mias, op. cit.p.91). Cette implication passive évolue peu à peu vers la mise en place des  outils d’aide méthodologiques qui doivent faire la différence par leur efficacité puisque beaucoup d’entreprises privées interviennent dans ce secteur en maintenant une forme de concurrence. L’introduction de la logique économique développe une implication professionnelle active au niveau des entreprises d’accompagnement sans pour autant créer une déstabilisation puisque l’objectif ne s’écarte pas de la dimension humaniste. En effet, plus on a de candidats qui réussissent, plus la notoriété s’élargit et les conséquences vont être manifestes sur les chiffres d’affaires.

Il ne s’agit plus seulement de mettre en place des outils d’accompagnement méthodologique mais aussi des stratégies d’accompagnement au positionnement qui passe par une précision des critères avec appui des textes de lois, une aide à la découverte de ses droits et possibilité de financement en fonction de son statut, aussi un intense travail de réflexion sur les coûts. L’accompagnement au positionnement ne se différencie pas non plus d’un processus d’orientation des adultes quand une certaine importance est accordée aux acquis. L’implication de l’organisme qui accompagne l’individu au positionnement est représentative de cette centration sur l’individu. Cependant, en mettant l’accent sur les valeurs de la personne humaine,  doivent être aussi gardés son aspect autonome et sa liberté de pouvoir  réagir dans les « configurations concrètes dans les quelles il se trouve pris » (Guichard et Huteau, 2006, p.6)[13] pour donner du sens à son devenir professionnel dans un monde de plus en plus fragilisé. Par ailleurs, les organismes certificateurs priorisent un développement de leurs unités de recherche dans la mise en place des diplômes en adéquation avec les attentes du marché du travail. En  s’impliquant dans la démarche, l’organisme certificateur s’appuie sur l’aide des professionnels des diplômes demandés pour faire le travail de suivi individualisé tout en s’assurant que la pratique du professionnel de l’accompagnateur laisse des marques de mise en valeur sur l’institution à laquelle il appartient.

2.3.2.-L’accompagnateur : rôle, engagement et implication

Partant du principe que nous sommes tous différents les uns des autres, l’accompagnateur VAE ne saurait utiliser ses expériences avec quelqu’un d’autre et reproduire un même comportement avec tous comme s’il découle d’une pratique universalisable. La « singularité » (Paul, 2004, p.52) du candidat qui travaille à la réussite sans doute d’un rêve ou cherchant un mieux être professionnel exige de l’accompagnateur cette « implication » qui peut se mesurer par sa manière d’écouter la personne pour rentrer dans son monde et lui faire accoucher (maïeutique) de son vécu en le rentrant dans un cadre de référence qui est le contenu du diplôme visé. Adopter cette posture de guide dans ce parcours « fragile et vulnérable auquel il faut faire face » (Le Boterf, 2010, p.11) va au-delà de la technicité  ou de la maîtrise de ce que le candidat ne sait pas. Cette phase où « l’actualisation de soi » est au rendez-vous passe par la combinaison appropriée de savoir-être et savoir-faire sans annihiler les ressources propres de la personne accompagnée.

D’une manière ou d’une autre, l’implication professionnelle n’est jamais absente dès que l’on considère le lien entre individu et une structure quelconque. Le plus important est de savoir si elle se manifeste et comment elle se manifeste. Indépendamment de la posture de l’individu par rapport au triptyque  sens/repères/contrôle, son implication peut se révéler négative dans la manifestation d’un absentéisme moral. L’idée de sens dans la posture d’accompagnement en VAE peut apparaître ambiguë si l’organisme certificateur et le professionnel ne font pas en sorte de s’approprier du projet du candidat qui essaie de « trouver son identité dans l’anonymat » et dans une « quête du sens dans l’accomplissement de sa personne » (Pasquier et Le Bouedec, 2001, p. 192). D’autant plus une certaine mission de contrôle est implicitement confiée au référent dans sa posture d’accompagnateur en faisant sien le projet du candidat. Cette mission de contrôle ne piétine pas la liberté du candidat ou empêche son travail en autonomie mais se réalise en veillant à ce qu’il ne s’éloigne pas du cadre en ayant une liberté assez suffisante. L’initialisation par un code déontologique ou une contractualisation doit être envisagée pour qu’il n’échappe pas aux projets que l’on fait pour lui puisque c’est justement là qu’il exerce sa liberté (Cifali, 1994)[14].

En revanche, s’il adopte la posture d’un individu qui déploie une énergie pour arriver aux objectifs fixés se révélant acteur du progrès, son implication est positive et donc active. En effet, l’implication professionnelle active de l’accompagnateur passe par sa volonté de mettre son système d’actions professionnelles dans un dynamisme visant une prise en charge plus humaniste et une intégration plus facile et plus rapide du candidat  en présentiel et du candidat abandonné à lui-même face à des outils et tutoriels méthodologiques dans le cadre d’un suivi à distance. L’implication du professionnel qui accompagne un candidat à la VAE se mesure avant tout dans sa volonté de s’approprier du passé de son client pour qu’il  l’aide à « prendre conscience » (Paul, 2009) et à valoriser son passé jusqu’à donner « du sens à la diversité de son expérience » en fonction d’un référentiel

L’aide à la traduction des expériences en compétences, à les reconnaître, à les formuler et à les placer dans le contexte du diplôme visé apparaît comme le premier rôle de l’accompagnateur. En réalité, se retrouve en arrière-plan de cette vision de la posture de l’accompagnateur le développement d’un double niveau de compétence « psychologique » et « pédagogique ». La compétence psychologique permet « de saisir les ressorts des sentiments et désirs à l’œuvre » et la logique pédagogique permet de « repérer la logique du fonctionnement mental » (Le Bouedec et al. 2001, p.149).  Son travail s’appuie sur une implication active et il ne peut pas abandonner en cours de route pour des raisons éthiques. L’approche éthique de son intervention consiste d’abord à « aider l’autre à mobiliser ses ressources de lucidité et de volonté » (Le Bouedec et al. 2001, p.138). La dimension active de l’implication professionnelle de l’accompagnateur qui doit s’impliquer tout en renforçant l’implication de la personne accompagnée se trouve dans la décision éthique de la posture d’accompagnement. Que sous-entend cette décision éthique de la posture d’accompagnement ?

Si on traduit la fonction d’accompagnement VAE en tenant compte des idées développées par Le Boterf (1993)[15], on aurait le schéma suivant :

  • Aider le candidat à nommer ce qu’il fait et repérer les difficultés qu’il rencontre dans les activités de conceptualisation
  • Mettre le candidat en relation avec les ressources
  • Fournir des apports directs de connaissances
  • Aider le candidat à faire le point sur sa démarche et sa progression

Pour cela, les compétences du professionnel doivent se manifester par les actions qui rentrent dans ce que Gérard Wiel[16] appelle « les quatre fonction de l’accompagnateur » à savoir l’écoute, la clarification, la proposition et l’aide à la décision. Nous retrouvons ces fonctions à travers les compétences définies par Le Bouedec comme des compétences communicationnelles (écoute, la reformulation), les compétences situationnelles  (connaissances du contenu et des attentes du diplôme, ancrage), compétences temporelles (présence, endurance, rythme).

Il nous faut ajouter à cette liste de compétences celles de nature technique si l’on doit tenir compte de l’accompagnement VAE à distance. La disponibilité de la compétence temporelle est toujours en vigueur. La volonté de participer à des programmes de formation pour s’approprier des technologies de l’information et de la communication liées à l’enseignement s’avère l’une des mesures de l’implication professionnelle de l’accompagnateur engagé dans le suivi à distance d’un candidat VAE. Non seulement il doit dégager du temps mais encore se motiver pour surmonter l’angoisse de la séparation en développant une  perspective psycho relationnelle dans l’écoute à distance  où il faut apprendre à s’écouter d’abord pour écouter l’autre. Cette pratique de décentration (Piaget) qui s’accompagne d’une auto-appréciation du professionnel s’opère de sorte que le professionnel travaille plus que la personne qu’il accompagne. Aussi des capacités relationnelles rentrent-elles en ligne de compte. En s’engageant dans le processus d’accompagnement, certaines difficultés de nature psycho-affective sont inévitables quand il faut faire équipe avec quelqu’un que l’on ne connaît pas. S’ajoute à cela le fait qu’aucune formation préalable ne peut permettre de prévoir la psychologie du candidat avec qui on va faire équipe. Pour bien rentrer dans cette dimension de « relation à l’autre qui pose des problèmes affectifs dans la mesure où elle implique toujours une relation de pouvoir et un risque de dépendance » (Crozier et Friedberg, 1977, p.211)[17] le couple accompagnant-accompagné doit évoluer dans une complémentarité de leurs actions respectives.

En revanche, comment doit évoluer le candidat dans cette relation? Comment doit-il s’impliquer ? Par quoi se caractérise son implication ?

2.3.3.-Le candidat à la VAE : objectifs, engagement  et implication dans le travail en autonomie et dans la relation d’accompagnement

Le dossier de demande de recevabilité n’est pas construit pour permettre au candidat de parler en détail de toutes ses expériences professionnelles dont il veut valider les acquis. C’est à lui d’informer le référent accompagnateur s’il veut orienter ses actions vers la réussite. Son apport est conséquent dans la relation pour aboutir à ses fins. Quelles sont les activités à réaliser ? Les compétences à mettre en œuvre ? Quelle implication doit-il faire montre ?

Le choix de l’accompagnement comme prestation pour augmenter ses chances de réussite dans la démarche ne signifie pas pour autant se payer les services de quelqu’un pour tout faire à sa place. Cette manière de percevoir l’accompagnement est le premier pas qui déclenche des efforts personnels pour donner du sens à l’accompagnement. Cultiver cette idée est un premier pas à caractère méta-réflexif  par lequel le candidat comprend mieux son engagement, ce qui va le déterminer à produire des actes qui seront les  indicateurs  de cet engagement.  Son premier travail consiste à s’auto-évaluer pour prendre conscience de ses limites et de ses potentialités afin que son implication soit vraiment un facteur qui « alimente la dynamique du système » (Mias, 1998, p. 290).  L’élément « repère » dans l’implication qui sous-tend la relation d’accompagnement est apporté par le travail du candidat car, connaissant son passé mieux que quiconque, il est l’auteur de balisage du chemin à parcourir pour atteindre son but (idem, p. 289).  Il y a encore l’instauration d’un climat de confiance (Gagnon, 2000 cit. par Paul, 2004, p.130) sans quoi le « conflit » (Morin et Mias) dans la confrontation des idées ne pourra pas se solder par une réorganisation de la relation. Un climat de confiance seul peut mettre le candidat dans son rôle de donner du sens au travail du professionnel en lui apportant les repères que représente son passé professionnel. Tous ces aspects que nous venons de voir n’ont pas une dimension sensible mais prennent le dessus des actes techniques plus visibles qui rentrent dans la relation d’accompagnement. Le manque d’engagement du candidat développe une implication passive  du professionnel, certes ce dernier n’abandonnera pas la relation d’accompagnement mais risque de développer un « engagement désimpliqué » (Mias, 1998) et donc des résultats catastrophiques.

La volonté de prouver ses capacités d’adaptation et de ne pas s’écarter de son objectif implique des actions pragmatiques. Ce dernier influe sur le travail de l’accompagnateur en renforçant son implication professionnelle.

2.3.4.-Les spécificités du travail en autonomie

La liberté accordée à l’individu d’apporter sa contribution personnelle à la construction de sont projet rentre dans la logique même de la maïeutique où l’accompagnateur peut aider à accoucher quelqu’un qui est capable de progression dans sa pensée. Le travail en autonomie du candidat doit confirmer cette foi qu’on a dans ses capacités de production ou dans ses capacités de devenir autonome.

Le travail en autonomie du candidat débute avec l’idée de rentrer dans une démarche VAE. Toutes les démarches administratives entreprises, toutes les recherches personnelles en amont de la phase de recevabilité sont en lien avec son engagement. Une fois rentré dans la démarche, il y a un savoir-être à intégrer pour atteindre l’objectif de se faire découvrir en tant que professionnel. Cette volonté dépasse les actions d’exécution de tâches attendues pour aboutir à une validation totale sinon partielle.  La mobilisation du vocabulaire scientifique pour rendre compte de son expérience se révèle d’une importance et d’un effort non négligeable révélant une implication personnelle active dans sa démarche. On peut aussi aligner au rang des compétences éthiques la reconnaissance de ses propres capacités pour que la situation d’accompagnement se déroule dans ses intérêts et trouve sa raison d’être. Tout au long de la démarche, le travail en autonomie est significatif de cette volonté de combattre la « passivité » (Le Bouedec, Paul, Mias) non pas de manière superficielle mais activement en produisant de la matière alimentant la pratique d’accompagnement.

Il s’avère nécessaire pour le candidat de s’adapter autant au processus qu’à la nouveauté de son agenda en s’engageant dans une démarche VAE. Le processus renvoie aux exigences du diplôme, une autre source de repères pour l’accompagnement donnant un nouveau sens à l’accompagnement. Ces dimensions sont encore plus importantes si le professionnel est amené à réduire une distance socioculturelle dans le cas d’un candidat qui se trouve pour la première fois dans les codes de l’enseignement supérieur. L’adaptabilité par rapport à sa vie personnelle passe par l’établissement d’un agenda spécifique pour respecter les dates importantes pour mener à bien sa démarche. Aussi, une relance de l’accompagnateur appartient aux attributions de l’accompagné dans l’absence d’un calendrier préalable des différentes activités. Le travail en autonomie du candidat tout en étant  une mesure de son implication personnelle est un facteur à renforcer par l’accompagnateur s’il veut faire montre d’une implication professionnelle active.

La démarche VAE est un parcours formatif et l’accompagnement se transforme de plus en plus en un métier spécifique. Les entretiens individuels dans le cadre du suivi personnalisé construisent une relation entre le professionnel et son client(le candidat), postures et compétences sont à développer par chacun des groupes concernés. Qu’en est-il de l’accompagnement à distance au niveau des acteurs, des postures et des compétences à mobiliser. Nous nous attachons à les étudier en fonction des étapes-clés de la démarche dans cette modalité à distance.

2.4.-ACCOMPAGNEMENT À DISTANCE DE LA VAE : ACTEURS, POSTURES,COMPÉTENCES  ET MESURES DE L’IMPLICATION PROFESSIONNELLE SELON LES TYPES D’ACCOMPAGNEMENT

2.4.1.-L’accompagnement au positionnement

La phase de positionnement de la démarche VAE  concerne toutes les actions du candidat dans le choix du diplôme, la recherche des organismes de financement et de toutes les informations concernant le déroulement du processus selon l’organisme certificateur. Cette phase d’accompagnement représente l’une des activités principales de la cellule VAE qui s’occupe de ce travail d’ « orientation » (Paul, p. 55). Cette orientation doit permettre à l’individu de faire ce difficile travail de retour sur lui-même pour apporter du sens à la contingence (Kant) de son existence. La démarche VAE est particulièrement coûteuse et longue, en dépit de l’existence des organismes financeurs. Nombreux sont ceux qui se voient obligés de recourir à l’autofinancement. La prise en compte du passé professionnel du candidat pour l’orienter nécessite une métaréflexion conduisant à un « décentrement » (Piaget) qui s’écarte de toute technicité ou d’expertise et qui relève de compétences éthiques.  Une forme d’écoute au sens de « reconnaissance de la personne » (Paul, 2004) doit servir de boussole quant à la mise en place des outils de positionnement : il s’agit d’un professionnel qui a un projet et non un individu avec la casquette d’un juif-errant.

Voyons maintenant comment se déroule l’accompagnement méthodologique à distance avec les acteurs, postures, compétences et mesures de l’implication professionnelle.

2.4.2.-L’accompagnement méthodologique

L’accompagnement méthodologique VAE est orienté vers une réduction des distances cognitives (Cherqui-Houot, Nkeng, Triby. 2007, p. 235). Le but consiste à mettre le candidat dans une situation d’appropriation de la méthodologie à partir de laquelle construire le dossier à valider. Cette étape confère à la VAE sa dimension formative et rapproche le candidat des enjeux méthodologiques des étapes-clés de la validation. Aussi prépare-t-elle le candidat au développement de capacités d’analyse de sa propre expérience et une aisance au niveau de la transmission orale de cette expérience à un public tout à fait étranger. On peut faire rentrer dans le débat la réduction des  distances socioculturelles  par l’adoption quand on comprend le « rite initiatique » (Paul, 2004, p.220) qui se dégage quand il faut débroussailler (pour « rapprocher le lieu » op.cit. p.220) le chemin pour ceux qui n’ont jamais été en contact avec le milieu universitaire. C’est pour cela que la vulgarisation cybernétique de la VAE ne doit pas se confondre avec l’accompagnement à distance de la VAE.

Dans cette volonté de réduire les distances cognitives, l’accompagnement méthodologique à distance VAE peut se définir essentiellement un accompagnement par « tiers-objet[18] » permettant de  faire le rapprochement entre le référentiel du diplôme visé et des conseils pour une mise en scène de son savoir-faire en tant que professionnel  lors de l’entretien avec le jury.

Nous  allons nous attacher à l’étude de l’accompagnement pédagogique ou disciplinaire.

2.4.3.-L’accompagnement pédagogique ou disciplinaire

La préparation à l’entretien avec le jury représente pour le candidat l’une des phases sans doute les plus importantes. Toutes les erreurs du dossier peuvent être réparées à travers cette étape où il doit se faire découvrir en tant que professionnel. Les deux volets de l’accompagnement VAE sont réunis dans cette étape. Au niveau du travail en atelier elle prend la forme de ce que Maela Paul (op. cit. p.53) appelle un « soutien méthodologique » où l’implication de l’organisme certificateur se manifeste avec une mise en  place d’un support à présenter au candidat pour qu’il arrive à comprendre comment se faire découvrir.

Au niveau pédagogique, l’auteure parle de « guidance dans l’explicitation et la conscientisation de l’expérience » qui doit se faire par rapprochement à un référentiel. Cet exercice intellectuel (Vermersch, 1994[19]) qui demande une motivation et une concentration particulières représente un élément important de la démarche où se croisent les actions personnelles de chacun des acteurs impliqué dans la démarche à savoir l’accompagnateur et l’accompagné. Si l’empathie ou « compréhension ouverte à l’autre » (Guichard et Huteau, op. cit. p.239) est au cœur de la relation qu’entretient l’accompagnateur avec le candidat, la relation s’accompagne aussi d’une « écoute active » (Gérard Wiel) si la posture de conseiller doit être adoptée. Les multiples postures de l’accompagnateur ont quand même une base commune consistant en une aide à la « construction de soi » (Carl Rogers, 1951).

L’implication professionnelle active du professionnel dans l’aide à l’entretien d’explicitation du parcours professionnel par le candidat peut se mesurer sur plusieurs angles. Elle se caractérise d’abord par une forme d’auto-formation qui implique une « recherche d’informations minimales » (Vermersch, op.cit. p.46) sur le contexte professionnel du candidat pour mieux l’aider.  Au niveau de la pratique, l’orientation maïeutique est au service du double objectif de développer une « participation active » (Mias, op.cit. p.103) de l’accompagné tout en initialisant un « penser commun » (Paul, 2004, op.cit. p.191)  mettant l’accompagnateur dans cette situation de décentration (Piaget) sans laquelle le discours de l’autre n’est que bruit. On peut compter aussi un savoir-être consistant, sans mettre le candidat dans la posture d’un enfant,  à lui faire parler de ses expériences en évitant qu’il s’implique personnellement en émettant des énoncés de jugement pour respecter un cadre « procédural » (op.cit. p.50, Tableau 4)   où il se présente comme un professionnel qui se fait découvrir et non comme un être humain dans la vie de tous les jours. Cette phase demande aux professionnels de faire montre de compétences éthiques et communicationnelles. Les compétences communicationnelles se manifestant par une prise en compte des  « indicateurs non verbaux » (op.cit. p.60) s’accompagnent d’un savoir-être dans la manière de produire des relances pour que le candidat reste dans le cadre professionnel.  Cette phase « d’intellectualisation du vécu » (Paul, 2004, op.cit. p.300) où la maïeutique intervient comme un procédé pertinent doit permettre au candidat (l’accompagné) d’accéder aux connaissances pré-réfléchies (Vermersch, op. cit. p.55) inscrites dans son action afin de convaincre le jury non seulement de sa professionnalité mais encore des points communs entre le contenu du diplôme visé et les acquis de compétences à valider.

Malgré l’importance convaincue des tutoriels, ils ne peuvent pas remplacer le rôle de la présence physique du professionnel dans l’accompagnement à l’explicitation des expériences. Dans un suivi à distance par le biais des TICE, la difficulté consiste à optimiser ce poids de la présence physique dans l’utilisation des outils de communication asynchrone comme le mail par exemple. Si ce facteur non-verbal peut intervenir dans une modalité synchrone par vidéoconférence, l’accompagnateur doit sans doute agir dans l’illusion du présentiel et cela rentre sans doute dans la mesure de son implication professionnelle active. Nous reprenons le terme de compétence éthique au sens de savoir-être pendant le déroulement des entretiens avec le candidat. On pourrait en dire plus pour les enseignants-chercheurs  qui composent les jurys. L’implication dont nous parlons, doit pouvoir créer cette « confiance » (Le Boterf, 2010) où le candidat s’exprime sans « être dérangé » (Vermersch, op. cit. p.57) psychologiquement par une attitude de mépris ou de négation de son expérience.

Dans le cas d’un candidat qui suit la démarche à distance, la simulation d’entretien avec le jury n’a pas les mêmes impacts émotifs. L’angoisse et le stress du face-à-face ne sont pas vécus au même niveau à travers un simple regard sur un écran.

L’incompatibilité des emplois du temps, l’impossibilité de dégager du temps pour suivre les ateliers en raison d’une absence de Congé VAE dans les entreprises sont les principales raisons qui poussent souvent les candidats à suivre la démarche d’accompagnement à distance. Dans ce cas, le travail de l’accompagnement consiste notamment à renforcer l’implication personnelle, « donner du souffle » (Paul, 2004)  et sensibiliser le candidat, « développer ses potentiels » pour le travail en autonomie. Atteindre son objectif par la VAE en se faisant accompagner à distance demande la mobilisation d’un certain dynamisme devant être développé par le candidat pour compléter l’aide de l’accompagnateur. Ce dynamisme à caractère participationniste renvoie à la conception de Moscovici (cité par Chloé Gurrieri et al, 1984)[20] qui voit en l’implication la route que le sujet doit effectuer pour atteindre son objet.

La posture du guide dans une pratique qui renvoie au coaching, une implication professionnelle active, des compétences éthiques et communicationnelles dans une démarche constructiviste s’affirment comme des stratégies  pertinentes pour accompagnement VAE efficace que ce soit au niveau de la modalité à distance ou en présentiel. La partie qui suit va nous permettre de comprendre la réalité de l’accompagnement VAE à l’UTM.

 3.-ÉTAT DES LIEUX SUR LA SITUATION D’ACCOMPAGNEMENT A L’UTM

L’accompagnement VAE reste un champ difficile à cerner par sa nouveauté et ses spécificités. Les tentatives de définitions faites par beaucoup de théoriciens rendent compte de la difficulté due à la polysémie du concept et aussi aux différentes approches que le professionnel adapte en fonction de la personne avec qui il se trouve dans la relation d’accompagnement. Après avoir essayé de comprendre l’accompagnement au regard des théoriciens, nous avons jugé nécessaire de procéder à un état des lieux de la situation d’accompagnement avant de proposer un dispositif pour l’accompagnement VAE à distance. Cet état des lieux consiste en un travail d’analyse des données que nous avons recueillies à la fois du côté des candidats et du côté des enseignants-chercheurs qui accompagnent les candidats voulant valider leurs acquis. Le questionnaire destiné aux candidats nous permettra de construire l’ensemble des outils que nous proposons dans le dispositif d’accompagnement à distance de la VAE. Les entretiens avec les référents poursuivent l’objectif d’approfondir notre recherche afin de mieux répondre au questionnement de notre problématique, On peut ajouter aussi l’objectif d’améliorer notre dispositif tout en nous permettant de proposer des repères pour l’action pour une meilleure approche de l’accompagnement et pour une gestion administrative renforçant l’implication professionnelle active de l’accompagnateur. Nous espérons par là apporter notre valeur ajoutée à un accompagnement embrassant mieux son objectif dans les modalités à distance et en présentiel. Nous expliquons dans les lignes qui suivent notre méthodologie d’intervention.

3.1.-MÉTHODES DE RECUEIL DES DONNÉES

Notre analyse repose sur les données recueillies auprès deux groupes de personnes : candidats VAE et référents disciplinaires. Pour le premier groupe, nous avons utilisé le questionnaire, afin de vérifier nos recherches en lecture sur tout ce qui peut être considéré comme objectifs et perceptions des candidats de la VAE. Ce questionnaire fait corps avec notre objectif de comprendre les causes qui obligeraient un candidat à se faire accompagner à distance tout en recueillant leur appréciation sur les outils d’accompagnement à distance que nous souhaitons mettre en place dans le cadre de notre mission de stage.  Pour le second groupe, nous avons jugé pertinent de mener des entretiens semi-directifs avec des référents disciplinaires à partir d’un référentiel contenant les thèmes suivants :

  1. l’importance accordée au projet du candidat ;
  2. la pratique d’accompagnement ;
  3. les outils et modalités de communication dans la pratique d’accompagnement ;
  4. l’importance du travail en autonomie du candidat dans la démarche d’accompagnement.

En effet, le choix des entretiens semi-directifs nous a semblé judicieux étant donné qu’une grande marge de liberté est laissée à la personne interrogée.

3.2.-ANALYSE DES DONNÉES

Pour analyser les données recueillies par questionnaire auprès des candidats nous avons procédé par une analyse quantitative. Pour les entretiens nous avons effectué une synthèse des propos recueillis.

3.2.1.-Analyse quantitative et interprétation des données recueillies auprès des candidats

Sur 73 candidats que nous avons contactés à la fois à distance par mail et en présentiel, nous avons pu rassembler que 12 questionnaires soit environ 16.4% de l’échantillon ciblé. En tout nous avons 1/3 de femmes avec une moyenne d’âge de 49 ans, 2/3 d’hommes avec une moyenne[21] d’âge de 45.25 ans, ce qui fait que la moyenne d’âge pour notre échantillon vaut 46.5 ans.  Cette analyse s’est faite à partir des objectifs poursuivis par les candidats qui font une VAE, les principales difficultés dans la démarche et aussi l’apport de la mise en réseau des candidats qui rentrent dans la démarche au sein d’un même organisme certificateur. Nous en avons profité pour avoir une idée des niveaux de diplômes, des moyens utilisés pour contacter les référents et les outils susceptibles de mener les entretiens à distance.

3.2.1.1.-Objectifs  à atteindre par la  VAE : valider les acquis pour évoluer professionnellement

Nous avons proposé dans le questionnaire 4 objectifs à savoir pérennisation de l’emploi, reconnaissance des compétences, évolution professionnelle et reconversion professionnelle. La tendance va vers l’évolution professionnelle (2/3)  de manière stricte c’est-à-dire sans être associé à un autre qui jouerait le rôle d’objectif secondaire. Cette évolution s’associe avec une forme de reconnaissance professionnelle non négligeable et dépassant largement la pérennisation de l’emploi et la reconversion professionnelle qui s’affirment avec une part égale (1/6).

Tableau1.  Objectifs poursuivis par les candidats VAE

La reconnaissance professionnelle est le deuxième objectif (5/12) en suivant un ordre d’importance. On comprend par là que la reconversion professionnelle et la pérennisation de l’emploi ne rentrent pas forcément dans les objectifs des personnes qui font une validation des acquis de leur expérience. C’est sans doute ce qui explique pourquoi la plupart d’entre eux (58.33%) ont pu débuter la recherche conduisant à leur positionnement à partir de discussion avec un ami et non à la suite d’un bilan de compétences comme on l’avait compris dans nos recherches sur les causes de mise en place de la VAE.

3.2.1.2.-L’accompagnement disciplinaire : une réponse aux principales difficultés

Nous avons cherché à comprendre quelle phase de l’accompagnement était plus pertinente aux yeux des candidats: méthodologique ou disciplinaire. Une façon de comprendre dans notre réflexion sur l’accompagnement quelle était la phase nécessitant une attention particulière au niveau de la planification par la cellule VAE. Notre question portait sur les principales difficultés afin de comprendre quelle phase était concernée. La moitié (1/2) des candidats choisissent la mise en lien des expériences avec le contenu du diplôme visé, ce qui représente le gros lot du travail obligeant le candidat à se faire accompagner par un  référent disciplinaire qui connaît le du diplôme. L’élaboration du dossier arrive avec une faible part de 1/4 mais étant donné que cette phase nécessite une certaine compréhension des expériences au regard du diplôme, nous avons considéré le couple (mise en lien+élaboration du dossier) qui donne un pourcentage important de 91.7%.

Tabl. 2 Les principales difficultés de la démarche

Le positionnement qui consiste pour le candidat à faire le choix d’un diplôme qui rencontre ses expériences est sans doute important en dépit de sa faible part (1/12). L’accompagnement doit aussi prendre en compte ce facteur en amont de la démarche surtout même s’il s’écarte de la dimension méthodologique ou disciplinaire de l’offre d’accompagnement. Vu que cette part aurait pu être plus importante dans un échantillon plus large, il s’avère nécessaire de mettre en place un moyen d’aider les gens à choisir un diplôme en tenant compte de leurs expériences.

3.2.1.3.-Favoriser les échanges inter-candidats VAE pour développer la dynamique de groupe et renforcer la motivation et l’implication.

Dans le cadre des ateliers méthodologiques en présentiel, les candidats se voient mais tout s’arrête là. Rares sont les cas où certains candidats arrivent à se rencontrer en dehors du déroulement de ces ateliers (3 sur 12 soit 1/4). L’un des atouts à cette facilité de rencontre est le fait que ces personnes visent le même diplôme et travaillent au même endroit. La volonté de rencontrer les autres candidats se veut unanime (100%) et le facteur le plus appuyé est la dynamique de groupe (50%) Ce dernier est secondé par le renforcement de la motivation (1/3) et une implication personnelle active dans la démarche (1/6).

Tableau 3. L’apport des contacts inter-candidats

La dynamique de groupe telle que perçue dans un parcours formatif est là pour développer une certaine motivation. Pour avoir une meilleure évaluation de la dynamique de groupe on a ajouté le pourcentage de « motivation » à celui de « dynamique de groupe », ce qui nous a donné  74.7%. Développer les rapports d’échanges entre les candidats peut concrétiser la dynamique de groupe qui est un facteur de renforcement de l’implication personnelle et de la motivation. Ce qui peut être un moyen efficace de lutter contre l’isolement et de prévenir le décrochage.

3.2.1.4.-Une double modalité envisagée mais difficilement

En retenant ce thème pour notre analyse, nous cherchons à comprendre premièrement les moyens à privilégier dans le cadre de l’accompagnement à distance. Aussi, nous restons toujours dans notre posture professionnelle de stagiaire de mettre en place un dispositif d’accompagnement servant à la fois la double modalité à distance et en présentiel. Le manque de temps que l’on peut qualifier du moins par une place moins importante accordée par les accompagnateurs dans leurs activités professionnelles oblige les candidats et les référents à recourir à l’utilisation des du courrier électronique (que nous appelons mail dans notre analyse) et du téléphone pour compléter le travail ou pour planifier les rencontres pour les entretiens. Le calendrier prédéfini n’existe pas. Ils ont plus souvent recours aux mails (2/3) complété par le téléphone pour réparer le problème du temps. Il est vrai que ce manque manifeste un certain « leadership nonchalant » (Lewin, 1946) aux niveaux des acteurs responsables de l’accompagnement (cellule et accompagnateur) mais on peut mesurer l’implication personnelle du candidat et une implication professionnelle active de l’accompagnateur. Surmonter l’obstacle du temps représente en manifestant le maintien de la relation d’accompagnement par une coopération (Le Boterf, 2010, p.68) est une manière de rendre compte d’une implication active.

Tableau 4. Les outils proposés pour le déroulement des entretiens à distance

S’ils devraient bénéficier de l’accompagnement à distance, les candidats opteraient plus pour le mail complété par le téléphone (1/3). Le téléphone leur servirait à poser des questions à l’accompagnateur et le mail consisterait à montrer l’avancée de leur travail d’élaboration de dossier de validation ou du moins leur mémoire. Même si dans le deuxième tableau la vidéoconférence a la même part (1/6) que le mail, cette égalité n’a aucun impact significatif car le mail n’a jamais été choisi sans le téléphone. La comparaison a été faite de préférence entre le téléphone et la vidéoconférence, celui-là l’emporte (1/4 contre 1/6). Ceci est surtout du au fait que le dispositif de la vidéoconférence présenté comme exemple sur le questionnaire (Skype) est connu pour son inefficacité après une certaine durée de communication et selon le niveau du signal internet que l’on dispose. Aussi, le téléphone peut être utilisé en plein déplacement alors que la visioconférence demande une certaine stabilité que l’on ne peut pas s’offrir quand on est un professionnel qui doit se concentrer sur une activité. Le problème du temps refait encore surface de manière implicite. Nous avons fait en sorte d’intégrer à cette question l’élément « on a plus de chance de réussir si on se fait accompagner » qui a été coché par plus de la moitié (58.33%). Ces résultats sont confirmés par les données statistiques que nous avons recueillies auprès de la cellule VAE du service de la formation continue de l’UTM que nous présentons dans les tableaux suivants.

3.2.1.5.-Interprétation des données statistiques recueillies

Tableaux des résultats de 2002  à 2009

Tabl. 5 Résultats VAE 2002-08

Tabl.6 Résultats VAE de 2008-09

Résultats VAE à l’UTM 2008-2009

Validation totale

Validation partielle

Refus

Total

UFR HHA

8

1

1

10

UFR LLCE

11

2

3

16

UFR LPM

2

2

UFR SES

5

11

3

19

IFMI

1

1

ESAV

4

4

FC

2

2

IUT Blagnac

9

4

1

14

IUT Figeac

1

1

TOTAL

40

21

8

69

Malgré le fait que les textes de lois précisent que l’accompagnement est facultatif, au sein de l’UTM il est obligatoire. Pour pouvoir réagir sur cet aspect, nous avons cherché à comprendre le point de vue des candidats concernant le choix de l’accompagnement s’ils savaient qu’ils avaient le droit de ne pas le choisir. On part du principe que la plupart ne savent sans doute pas que cet accompagnement n’est pas obligatoire. Ils ont répondu à l’unanimité qu’ils auraient choisi de poursuivre leur démarche avec accompagnement même si leur attention avait été attirée sur le fait qu’ils ont le droit de ne pas le choisir ou qu’ils pouvaient se faire accompagner par n’importe quel organisme. La raison de ce choix s’explique par la difficulté de faire le lien entre ses expériences et le contenu du diplôme alors que c’est sur cette étape que l’on peut élaborer le dossier de validation.  En interprétant ces résultats par des calculs de pourcentage, nous remarquons que pour validation totale (VT) nous avons 43.34 et pour validation partielle(VP) nous avons 28.08. La validation partielle débouche dans une grande majorité des cas sur une validation totale après suivi des prescriptions du jury par le candidat, donc nous faisons rentrer la validation partielle dans la réssite (R) ce qui nous donne un total de 71.42% de réussite de 2002 à 2008.  Notons toutefois un écart de 16.98% qui représente les efforts qui sont fournis par l’ensemble des acteurs pour améliorer le service et mieux aider les candidats qui veulent valider leurs acquis. De 2002 à 2009 le pourcentage de réussite est de 79.91%. On comprend bien que l’accompagnement joue un rôle important dans la démarche entreprise par les candidats pour valider les acquis de leurs expériences par un diplôme dans le but de réaliser leurs projets professionnels ou personnels.

3.2.1.6.-Une importance capitale aux outils complétant l’accompagnement méthodologique

L’accompagnement méthodologique concerne plus des conseils pour l’élaboration du dossier tout en proposant une méthode à l’explicitation des expériences pour l’entretien. Nous avons mis en place des outils pouvant aider le candidat dans son travail en autonomie pour mieux comprendre les techniques décrites dans les diaporamas.

Nous avons jugé nécessaire de faire une validation des outils par les candidats et non par les référents. Nous préférons qu’ils réagissent eux-mêmes sur ces outils parce qu’ils poursuivent avant tout l’objectif d’appuyer leur travail en autonomie en fonction des consignes du référent disciplinaire. Nous leur avons fait parvenir les outils en même temps que le questionnaire et ceux que nous avons rencontrés en face-à-face avaient les outils en main et un temps pour en prendre connaissance avant de noter. Nous avons monté le questionnaire avec quatre mentions (TB=Très Bien=1 ; B=Bien=2 ; AB=Assez Bien=3 ; PASS=Passable=4. Le tableau comprenait seulement les chiffres et la signification était donnée en consigne dans la question).

Tableau 7. Appréciations des outils

Les outils

Appréciation des candidats

TB (%) B (%) AB (%) PASS (%)
1. frise de la démarche VAE 83.33 16.66 0 0
2. frise du processus d’accompagnement 58.33 41.66 0 0
3. fiche de description des expériences 66.7 25 8.33 0
4. portefeuille de compétences VAE 66.7 16.66 16.66 0
5. calendrier 66.7 16.66 16.66 0
6. diaporamas sonorisés 50 25 0 25
7. forum assisté d’un modérateur 58.33 16.66 25 0
8. réseau numérique candidats VAE 58.33 41.66 0 0

Tableau 8. Analyse à partir des moyennes et médianes

Le calcul de la moyenne arithmétique (cf. Tableau 8) nous permet d’étudier la position des candidats par rapport aux outils mis en place. Le tableau 7 nous donne une appréciation positive des outils développés pour aider le candidat. Nous leur avons expliqué notre objectif d’ajouter de nouveaux outils dans la démarche d’accompagnement en présentiel afin de déboucher sur un accompagnement à distance. La plupart d’entre eux (5/6) ont accordé la mention « Très Bien » à la frise de la démarche VAE car ils avaient sans doute du mal à comprendre quand il fallait exécuter telle ou telle partie car l’absence de calendrier qui explique le déroulement était un atout pour la cellule VAE de faire les modifications. Cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas s’attendre à des modifications avec la présence du calendrier mais tout le monde sera averti par avance et plus besoin de téléphoner pour s’informer.

Il est à noter aussi que la mention « passable » a été attribuée par ¼ de notre échantillon aux diaporamas sonorisés. Ce qui explique pourquoi la moyenne statistique de la colonne passable du tableau 8 n’est pas nulle mais équivaut à 0.375. Notre explication à ce phénomène est la question du temps. S’il faut écouter un diaporama, il faut avoir du temps et une assez bonne concentration. Pour un diaporama simple, on peut toujours imprimer le texte et l’emporter avec soi. Cette explication à partir du temps peut être confirmée par la part ¼ de l’échantillon ayant accordé la mention « Assez bien » au forum assisté d’un référent disciplinaire, ce qui donne une moyenne statistique de 1 dans le tableau 8.

Une première observation de la 6ème colonne du Tableau 8 concernant la médiane nous a permis de dégager deux modes de lecture : selon un mode de satisfaction et selon un mode d’amélioration. Les outils dont la médiane est comprise entre l’intervalle [2.5 ; 3] intéressent moins les candidats que ceux compris dans l’intervalle [1 ; 2]. Pour le premier intervalle, nous avons procédé à leur amélioration sans oublier de prendre en compte des repères pour l’action afin de les développer. Ces résultats nous ont permis de retravailler en vue de meilleurs résultats pour compléter les aides reçues par le candidat. C’est une manière de mettre à la disposition de la cellule VAE des outils pour appuyer le travail du référent disciplinaire qu’il s’agisse de la modalité en présence ou à distance de l’accompagnement VAE.

Nous avons trouvé que la distance géographique par rapport à l’organisme certificateur se révèle être la raison principale (100%) qui obligerait les candidats VAE à suivre à distance la démarche d’accompagnement. Par ailleurs certains ajoutent en commentaires des idées sortant de la question mais qui pour nous ont toute leur importance : «  pour optimiser mon temps de travail », « pour gagner du temps pour les vacances » L’absence d’un calendrier de rencontre (91.7% affirment répondent non à la question : avez-vous un calendrier de rencontre avec les référents ?) nous a permis de réfléchir sur la question du temps et nous comprenons que la seule explication valable reste le fait que l’accompagnement n’est pas l’activité principale du référent qui ne peut pas tout planifier. Cela confirme la pertinence de la question qui cherchait à comprendre les moyens de communication utilisés par les candidats pour contacter les référents et nous avons analysé comment et pourquoi les référents jugeaient nécessaires de rentrer en contact avec les candidats en dehors  des entretiens. Les candidats expriment tous (100%) leur volonté d’être en contact avec ceux qui poursuivent la démarche VAE au niveau de l’organisme certificateur. La dynamique de groupe et le renforcement de la motivation le remportent sur une implication personnelle active. Les ateliers de groupe en présentiel ne se révèlent pas une occasion utilisée par les candidats pour se créer des liens. Implicitement on comprend que la modalité à distance peut combler les insuffisances et les lacunes de l’accompagnement en présentiel.

3.2.3.-Synthèse et interprétation des données recueillies auprès des référents disciplinaires

a).-Présentation de l’échantillon

Nous avons contacté par courrier électronique pour des entretiens en face-à-face 15 référents disciplinaires. 4 référents disciplinaires soit 26,7% dont 75% d’hommes et 25% de femmes ont répondu positivement à notre sollicitation. Parmi ceux qui n’ont pas pu répondre positivement, 53.3 % soit 8 référents disciplinaires évoquent des difficultés rencontrées au niveau de leur agenda surchargé. Pour les 3 autres équivalant à 20%, nous avons rencontré des difficultés personnelles au niveau du temps pour les rencontrer vu leur éloignement géographique.

Pour ce qui est de la réussite du candidat, dans leur objectif d’accompagnement, 100% des référents affirment que la réussite de la personne accompagnée occupe une place très importante sur une échelle à trois niveaux proposée dans la question : importante/peu importante/j’accomplis juste une tâche qui m’est confiée. Au regard de notre connaissance du travail de Maela Paul sur l’accompagnement, l’un des objectifs de notre entretien était de comprendre quelle posture ils adoptent dans leur pratique d’accompagnement : tuteur, guide ou conseiller. Les ¾ soit 75% pensent qu’ils sont souvent en posture de conseiller mais cela n’empêche pas que certaines fois, ils se retrouvent avec une posture de guide ou de tuteur en fonction du moment de la démarche. Pour ¼ d’entre eux soit 25%, la posture maïeutique caractérise mieux la relation qui existe entre le référent et le candidat dans la mission d’accompagnement. Le suivi en mode présentiel l’emporte sur le suivi par le biais des outils technologiques à 3 contre 1 pour ce qui est de l’ordre de la modalité d’accompagnement.

Pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons préciser le champ disciplinaire concerné par les diplômes vu que notre échantillon ne comporte pas une population nombreuse. On peut toutefois faire référence au 2ème tableau d’analyse des données recueillies par questionnaire auprès des candidats pour préciser le niveau des diplômes et leur pourcentage : Master 1 (1/12) Master 2 (7/12) Licence Pro (1/3) DU[22] (1/12). La plupart des référents disciplinaires majoritairement (75%) de sexe masculin sont pour la plupart des maîtres de conférences[23]. C’est-à-dire qu’ils ont une connaissance profonde des référentiels en tant qu’enseignants-chercheurs qui assurent des unités d’études dans le cadre des diplômes qu’ils accompagnent.

Nous utiliserons les pseudonymes R1, R2, R3, R4 pour citer les propos des référents qui nous ont permis de donner corps à ce travail d’analyse thématique qui suit.

b).-Synthèse des entretiens semi-directifs

3.2.3.1.-L’importance accordée au projet du candidat : un accompagnement visant la réussite du projet du candidat

Ce premier axe thématique est un moyen pour nous de comprendre l’engagement des référents et le facteur motivateur de leur implication professionnelle dans leur travail de co-construction de la démarche. Une place très importante est accordée au projet du candidat qui est la réussite de la démarche VAE. Même si la validation partielle n’est pas un échec « l’idée est d’aboutir au moins à une validation totale »(R1), car  le candidat bénéficiera de la totalité du diplôme en suivant les recommandations du jury. L’objectif de la réussite se fonde en premier lieu sur la validation totale.  L’importance accordée à la réussite de la personne passe par une prise de conscience de la démarche qui est « longue » et « coûteuse » en plus du fait que cela « engage une personne »(R1).  Au-delà de cette perception, certains référents n’hésitent pas à présenter leurs prévisions sur le résultat final tout en réaffirmant cette volonté d’apporter de l’aide dans l’atteinte du paroxysme « Il y aura des problèmes pour cette UE (…) mais je vais vous aider autant que je peux pour que vous réussissiez»(R4). Toutefois, cette information apportée sur le dénouement de la situation ne résulte pas d’un travail d’évaluation, la posture d’aide passe par une contractualisation pour éviter des surprises et préparer psychologiquement le candidat à ce qui peut s’ensuivre.

L’absence de cette évaluation est un obstacle à l’implication professionnelle active de certains accompagnateurs  qui ne tiennent pas compte de l’évolution du candidat dans la démarche en faisant référence aux premiers entretiens conduisant à la recevabilité. Ceux-ci permettent d’émettre un avis de faisabilité qui peut être réservé. Ce dernier fait obstacle à la mise en place de stratégies visant à mieux aider le candidat « lorsque l’avis est réservé, on sait bien que le candidat n’aboutira pas à une validation totale (…) je serais surpris que le candidat arrive à valider tout le diplôme» (R3). L’appréciation qui est faite au départ dans l’avis de faisabilité conditionne la réussite même si elle est l’élément central qui donne sens au travail du candidat.

Par ailleurs, la réussite du candidat reste un pari contre l’avis de faisabilité défavorable. Si ce dernier implique pour de nombreux professionnels l’importance à accorder à la relation, d’autres en font une manière de manifester l’importance de leur travail « face à un professionnel où tout est orienté vers l’accomplissement d’un objectif (…) quand on a un avis défavorable, on fait tout pour que la personne réussisse »(R2).

3.2.3.2.-La pratique d’accompagnement : les étapes dictent la posture

L’intérêt de ce thème consiste à comprendre ce que fait le référent dans son travail d’accompagnement. L’idée de faire un point sur l’importance que le référent accorde au projet du candidat marche de pair avec les éléments autour desquels il met l’accent dans son travail d’accompagnement. Les référents disciplinaires avec lesquels nous nous sommes entretenus ne se présentent pas avec une posture spécifique d’accompagnement VAE. La mise en lien des acquis des expériences du candidat avec le contenu du diplôme visé semble être l’élément central du travail du référent pédagogique (à noter que nous employons aussi l’expression de référent disciplinaire qui porte la même charge sémantique dans ce contexte). En fonction du diplôme, les modes d’intervention changent et s’alignent sur la forme que prendra le contenu du dossier de validation que le candidat doit élaborer. Cette non-neutralité Guy Le Bouedec, 2001) de la posture d’accompagnement fait intervenir différentes manières de définir le but de l’accompagnement « je lui propose de mettre à plat toutes ses expériences(…) on fait le choix pour les expériences qui peuvent être en lien avec le diplôme (…) il travaille une de ses expériences selon une méthodologie d’explicitation (…) je l’aide à retrouver les concepts qui sous-tendent ses activités, ce qui est le cœur du diplôme »(R3). Cette dimension quelque peu pédagogique met les acteurs dans des positions plutôt opposées à quelqu’un qui sait comment faire et qui montre. Paradoxalement, cette même position enseignant-étudiant se fait dans une posture maïeutique «déjà dans ma discipline, les Masters qui me concernent, il faut découper par grands thèmes, je vérifie que l’on s’attache à ces thèmes(…) j’adopte justement la posture maïeutique qui est de co-construire la démarche »(R1). Comparativement à d’autres « mon premier objectif est l’élaboration du dossier (…) le deuxième objectif est de comprendre comment identifier les compétences (…) ils me parlent aussi de leurs souffrances et de leur travail » (R4) la dimension professionnelle laisse la place à un caractère plus humaniste de la situation d’accompagnement. Si le candidat se sent en sécurité pour parler de sa vie privée, la relation d’accompagnement se fait sans un maintien à distance du côté humain de l’acte qui revêt avant tout une dimension professionnelle. Dans la pratique, certains discours laissent comprendre un engagement désimpliqué (Mias, 1998) même si l’échec n’est pas ce vers quoi on dirige. L’objectif ne change pas, cependant il a la forme d’une preuve du travail préparatoire du référent émettant l’avis de faisabilité « le challenge est de mieux traduire sur un document, un dossier toutes les compétences, toute l’expérience(…) si la personne a eu un avis favorable, je ne vois pas pourquoi elle n’arriverait pas à traduire cet avis devant un jury »(R2). Loin de dire que cette méthode est malveillante, elle peut générer des conflits dans le cas où l’avis de faisabilité a été émis par un professionnel autre que le référent.

Cet objectif commun définit une posture particulière de la part de chaque référent en raison de leur domaine de formation et les types de diplômes pour lesquels ils jouent le rôle de référents disciplinaires. Cette posture professionnelle particulière s’adapte en fonction de trois critères différents :

a)      L’étape de la démarche

b)      Le niveau de maîtrise du candidat des enjeux de la démarche

c)      L’implication personnelle du candidat dans la démarche

Ces trois critères définissent les enjeux à prendre en compte au cours de la progression de la démarche. Le critère d’implication professionnelle du référent influe sur l’implication personnelle du candidat dans son travail en autonomie  comme une relation de cause à effet « ceux qui ne s’impliquent pas, quand ils se rendent compte de mon implication personnelle, soit ils se relancent, soient ils abandonnent »(R2).

L’accompagnement VAE se définit comme une imbrication de différentes postures d’accompagnement « tuteur », « guide », « conseiller ». En réalité la posture de conseiller dans le sens de tenir conseil[24] l’emporte sur les deux autres « moi je fais plus du conseil, à certains moments je fais autre chose comme questionner »(R3), « on se situe rapidement dans une posture de conseiller »(R2). L’atteinte de l’objectif de la démarche VAE apparaît comme la réussite de plusieurs objectifs qui s’accumulent au fil du processus et le professionnel est amené à changer de profil à chaque étape-objectif, « je combine les postures de guide, de tuteur, de conseiller en fonction des objectifs »(R2), « à certains moments, on est plus conseiller, à d’autres on est tuteur ou guide »(R4), « c’est un travail de co-construction[25] et en aucun cas je me pose comme experte en lui disant : tu vas faire cela ou vous devez faire cela »(…) « je l’oriente avec des conseils techniques »(R1).

Toutefois notre attention est attirée par la manière dont la démarche d’accompagnement est perçue dans les propos de R1 et R3.  Dans la pratique du premier on comprend que la relation d’accompagnement est un vrai travail d’équipe où chacun des membres fournit un travail de collaboration en vue de l’atteinte de l’objectif du candidat « j’adopte justement la posture maïeutique qui est de co-construire avec le candidat(…) on complète les éléments et je fais émerger de lui tout un tas d’éléments ». Cette dimension de l’accompagnement dans l’importance accordée au travail d’équipe rejoint l’approche de R3 qui tient conseil en créant une situation de « communication dialogique » (Lhôtellier, 2001, p.71) « Moi, je fais du conseil dans le sens de délibération ». Cette posture de l’accompagnement où s’installe une situation de dialogue entre le référent et le candidat VAE nous amène à analyser les moyens de communication qui peuvent rendre manifeste ce travail de co-construction qui permet à chacun d’apporter ses éléments pour réaliser un idéal.

Pour progresser dans notre travail, nous allons nous attacher à l’analyse des outils et des modalités de communication dans la pratique d’accompagnement.

3.2.3.3.-Les outils et les modalités de communication dans la pratique d’accompagnement : une modalité à distance faisable mais difficile à cerner

Si l’accompagnement à distance doit être un glissement progressif et non une brutale imposition par rapport aux pratiques des professionnels, nous avons choisi de leur faire parler de la place accordée à l’utilisation des outils de technologies de l’information de la communication. L’utilisation de ces outils étant une caractéristique principale de l’accompagnement à distance. L’objectif de cet aspect consiste aussi à comprendre leur préférence sur les modalités de suivi synchrone ou asynchrone de l’accompagnement. La communication dans la démarche d’accompagnement prend en compte deux objectifs principaux. Une certaine complémentarité des technologies de l’information et de la communication fait l’essentiel de la relation candidat-référent. Leur discours tourne autour de cette dichotomie (TIC/planification de rencontre ; dialogue face-à-face/déroulement des entretiens).

a) planification des dates de rencontre

b) déroulement des entretiens

a).-Planification des dates de rencontre

Les référents disciplinaires utilisent le mail pour planifier les dates de rendez-vous avec les candidats. Le téléphone est utilisé pour prévenir le décalage du mail afin de respecter les agendas personnels  du référent disciplinaire. Leur usage à l’unanimité ne rentre dans un cadre pédagogique qu’en complément avec le travail d’accompagnement en présentiel « je complète en général avec le téléphone »(R4). Vu que les référents n’ont pas assez de temps eux-mêmes parce qu’ils s’occupent de leurs activités de recherche, les TIC[26] ne sont utilisées que dans l’impossibilité de trouver un espace dans leur agenda. Pour des raisons matérielles, certains préfèrent utiliser le mail au lieu du téléphone pour s’entretenir avec les candidats dans les cas où trouver un temps de rencontre devient difficile à mettre en place « honnêtement, je préfère l’entretien en face-à-face mais l’internet est le moyen de contact le plus évident pour des raisons matérielles surtout »(R4). On comprend par là qu’il est plus facile de dégager du temps pour rédiger un mail que de planifier une rencontre surtout quand on doit le faire en tenant compte d’un agenda chargé.

b).-Déroulement des entretiens

Dès que l’on aborde le terme d’entretien avec les référents, ils voient nécessairement la relation en face-à-face. Certains vont jusqu’à mettre cette modalité à distance dans le cas de pure fiction : « Je n’ose même pas l’imaginer »(R1). Les entretiens en face-à-face dans la relation d’accompagnement peuvent être substitués par des moyens de communication « mails, téléphones mais les contacts en présentiel sont incontournables » (R2), « si demain, il n’y a plus d’accompagnement en présentiel, je ne reste pas accompagnateur » (R4) « les candidats ont toujours besoin de renforcement positif, et cela ne peut se peut se faire que par le regard de l’autre(…) les rencontres en face- à-face sont plus bénéfiques » (R1), « l’entretien en face-à-face est toujours irremplaçable, c’est plus efficace que de renvoyer un écrit »(R3). Toutefois, la possibilité de suivre à distance n’est pas écartée. Les expériences de suivi individualisé totalement à distance ont été des cas particuliers dans le parcours d’accompagnement VAE. Ces cas sont présentés sur le mode de l’unicité « J’ai accompagné une dame » (R4), « j’ai accompagné un militaire » (R2) avec une certaine insatisfaction « il a réussi mais il a bluffé, faut dire aussi que l’on a peur des militaires en France » (R2), « la relation humaine était nulle » (R4).

Puisqu’il est si important pour le candidat de donner un peu de lui dans la relation d’accompagnement, essayons de voir en quoi doit consister son travail en autonomie

3.2.3.4.-Le travail en autonomie du candidat dans la démarche d’accompagnement : le moteur de l’accompagnement VAE

La démarche d’accompagnement est un travail de co-construction, cela sous-entend que tout les acteurs à savoir le référent et le candidat participent tous dans la démarche. En quoi consiste la part de construction de la personne qui accompagne et qu’est-ce que cette contribution apporte de plus dans la pratique d’accompagnement ? Nous sommes partis de l’idée de Guy le Bouedec expliquant que l’on ne peut pas accompagner « quelqu’un d’immobile » (op. cit p.190)  pour questionner les référents pédagogiques et comprendre la place qu’ils accordent au travail en autonomie du candidat. Nous partons du principe que si mobilité est le contraire d’immobilité,  cette mobilité serait manifeste dans  le travail en autonomie du candidat qui apporte sa pierre dans la construction de son idéal. Nous faisons de ce thème l’angle dans lequel nous analysons en même temps le degré d’implication des acteurs de la relation d’accompagnement. L’intérêt secondaire de ce travail nous conduira à comprendre comment agencer le dispositif de formation et d’accompagnement à distance pour les candidats à la validation des acquis de l’expérience.

Les premières impressions qui nous parviennent nous permettent d’affirmer que le travail en autonomie du candidat est un facteur de renforcement de l’implication professionnelle de l’accompagnateur « c’est le travail en autonomie qui permet au candidat de rencontrer des difficultés pour donner du sens à l’accompagnement » (R3). Cet apport du candidat s’inscrit dans la logique paradoxale de l’accompagnement où la personne qui se fait accompagner représente celui qui dirige la relation d’accompagnement « je lui dis: je ne suis pas dans votre vie, je ne connais pas votre expérience »(R1). Le travail en autonomie du candidat rencontre des difficultés pour être développé car« ils ont du travail à côté, ce sont des professionnels » (R4)  mais son importance dans la relation d’accompagnement réduit les conflits car on ne peut pas avoir des entretiens sur du vide, moins le candidat s’implique dans la démarche avec un travail personnel faible, la relation d’accompagnement est un contenu vide de sens. Dans la démarche VAE, le travail autonome du candidat est le moteur de l’accompagnement et paradoxalement c’est le référent qui doit inciter le candidat à le mettre en œuvre  dans le respect de la liberté de la personne, en mobilisant des compétences éthiques « j’insiste beaucoup au départ sur le temps que cela va prendre » (R3) pour avoir sa raison d’être « si vous ne m’apportez rien, je ne peux rien faire » (R1).

3.3.-DIAGNOSTIC

L’accompagnement VAE pratiqué par les professionnels de l’UTM se rapproche de la relation enseignant-étudiant dans la guidance d’un mémoire. Une certaine particularité retient tout de même leur attention : la traduction des expériences professionnelles en compétences et le rapprochement des expériences professionnelles avec le contenu du diplôme.

La situation d’accompagnement au niveau de l’Université du Mirail place le candidat VAE au même plan qu’un étudiant en fin de cursus de formation si on tient compte de la manière dont cette pratique est envisagée. Cette posture d’étudiant s’aligne sur deux phases: les cours magistraux et la rédaction du mémoire avec suivi d’un universitaire du domaine. Si les cours magistraux représentent les ateliers de méthodologie pour la démarche en présentiel dans la démarche VAE, le rapprochement des expériences avec le contenu du diplôme visé peut s’identifier au travail de suivi des directeurs de mémoire avec les étudiants. La présence du référent s’apparente à un symbole d’une mise à l’écart du sentiment de solitude[27].  Donc le référent ne se décentre pas vraiment de sa position d’enseignant-chercheur pour ce qui est de son rapport avec le candidat qu’il suit dans une démarche d’accompagnement disciplinaire VAE.

Il n’existe pas de calendrier préétabli pour  ce qui concerne les rencontres entre les référents et les candidats. Dans la démarche d’accompagnement en présentiel, l’utilisation des nouvelles technologies n’ont qu’un effet réparateur des lacunes au niveau de la planification.

Les référents disciplinaires font face à un manque de temps important. L’accompagnement n’étant pas leur seule et première activité, ils ne peuvent pas prévoir de calendriers de rencontre avec les candidats qu’ils suivent et les technologies viennent en appui à cette difficulté. A l’unanimité, ils ne se voient pas en train d’accompagner quelqu’un qui se trouve complètement à distance même si la plupart d’entre eux ont des expériences de suivi à distance de candidats habitant en dehors des frontières françaises.

De notre analyse nous déduisons que :

  1. La phase la plus importante de l’accompagnement se base sur l’accompagnement pédagogique dit accompagnement disciplinaire vu l’impossibilité de l’accompagnement méthodologique de résoudre les difficultés de certaines étapes pour le candidat.
  2. Le projet que le candidat veut réaliser devient l’objectif de l’accompagnateur et son objectif est de réussir en tenant compte de la réalité professionnelle et personnelle du candidat. Mais l’avis de faisabilité permet de présager les résultats après délibération du Jury et développe une certaine motivation chez l’accompagnateur.
  3. La posture d’enseignant-chercheur accompagnant un étudiant en phase de travail de mémoire est reproduite dans la démarche d’accompagnement d’un candidat VAE. Toutefois, le référent essaie de s’adapter en tenant compte de la réalité personnelle du candidat.
  4. Même si la démarche est dite en présentiel, l’accompagnement se fait aussi selon une modalité à distance avec l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication comme le mail ou le téléphone. Un facteur important dans ce recours à la bi-modalité est la difficulté de trouver du temps car l’accompagnement n’est pas l’activité principale des enseignants-chercheurs qui le pratiquent. Ce facteur temps nuit à la mise en place d’un calendrier prévisionnel de rencontres.
  5. Les référents mettent l’accent sur le travail en autonomie du candidat et s’efforce de le développer. Le but poursuivi alors par le référent réside dans la volonté de donner du sens  à son activité d’accompagnement.

L’implication professionnelle des référents disciplinaires est active avec la présence du sens/repère/contrôle dans un sens positif. Ils stimulent par des relances et des consignes le travail en autonomie du candidat pour donner du sens à leur pratique. Ils n’accompagnent que les candidats qui visent un diplôme dont ils connaissent les attentes et le contenu afin de ne pas réinventer des solutions ou des stratégies d’adaptation mais encore pour ne pas perdre le contrôle des actions à développer pour bien guider le candidat vers la voie de la réussite tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. Leur idéal est de voir tous les candidats qu’ils accompagnent aboutir à une validation partielle.

L’accompagnement, pour être plus efficace nécessite la participation des différents acteurs concernés : l’organisme certificateur à travers le service de la formation continue, le référent disciplinaire, le candidat. Le dispositif d’accompagnement donne de bons résultats dans l’ensemble au niveau de la pratique professionnelle des accompagnateurs, des efforts consentis par les candidats pour réussir et ceux développés par l’organisme certificateur pour permettre aux individus de jouir de ce droit individuel de la formation.

Les outils utilisés dans le cadre des ateliers méthodologiques sont insuffisants pour renforcer le travail en autonomie du candidat sur les principales activités nécessaires à accomplir dans le cadre d’une démarche VAE. Si on veut développer l’accompagnement à distance, on doit construire de nouveaux outils. La mise en ligne des diaporamas reprennent le même objectif des cours en ligne où l’accompagnement est absent. Pour respecter la commande du stage de professionnalisation, nous avons proposé l’outil numérique après avoir construit de nombreuses fiches d’aide à partir de notre compréhension d’un accompagnement VAE efficace : rendre facile l’étape de l’élaboration du dossier pour le candidat et développer chez lui une certaine aisance pour qu’il s’entretienne avec le jury. En effet, un enrichissement de l’accompagnement en présentiel doit permettre le glissement vers l’accompagnement à distance. Nous avons d’abord réfléchi sur des outils pour enrichir la démarche d’accompagnement en présentiel et faciliter le glissement vers la modalité d’accompagnement à distance. Notre travail est présenté dans la partie suivante où nous présentons et décrivons les outils ainsi que l’espace numérique que nous avons élaboré.

3.4.-LES RÉALISATIONS DANS LE CADRE DE LA MISSION DE STAGE : PRÉSENTATION DES OUTILS ET DESCRIPTION

Objectifs du dispositif

a)Enrichir la démarche en présentiel

b)Améliorer l’accompagnement des candidats

c)Développer les interactions entre les candidats

d)Ouvrir sur l’accompagnement à distance

Présentation des outils

  1. Les outils de positionnement

a.1 Fiche de progression dans la démarche

a.2 Calendrier du processus

a.3 Frise de la démarche VAE

a.4 Frise de la démarche d’accompagnement

a.5 Témoignages des anciens candidats

a.6 Diaporama « Tout savoir sur la VAE »

a.7 FAQ (Foire aux Questions)

  1. Les outils méthodologiques

b.1 Élaboration du dossier VAE

b.2 Les techniques d’entretien        diaporamas sonorisés

  1. Les outils d’aide à l’accompagnement méthodologique

c.1 Portefeuille de compétences VAE

c.1.1 fiche de relevé des acquis professionnels

c.1.2 fiche de relevé des acquis extra-professionnels

c.1.2 fiche de relevé des acquis de formation

c.2 Fiche de description des expériences professionnelles et extra-professionnelles

c.3 Aide à l’explicitation des expériences professionnelles et extra-professionnelles

Moyens de communication

  1. Entretiens téléphoniques (modalité synchrone)
  2. Vidéoconférence (modalité synchrone)
  3. Chat (modalité asynchrone)
  4. Mails (modalité asynchrone)
  5. Forum (modalité asynchrone)

 

Ressources mises à disposition des candidats

Informations générales sur la VAE et les textes officiels en appui

Maquettes et plaquettes pédagogiques des diplômes

Formulaires de demande de recevabilité

Objectifs des outils proposés et description

Objectifs

1)Mieux comprendre la VAE et sa démarche

2)Aider au positionnement du candidat

3)Faciliter l’élaboration du dossier VAE

4)Préparer à l’entretien avec le jury de validation

5)Éviter l’échec d’aucune validation

Remarque: La plupart des outils conçus seront publiés sur le portail VAE qui est un projet de la cellule de la formation continue en partenariat avec la Direction des Technologies de l’Information et de la Communication liée à l’Enseignement (DTICE).

Les outils d’accompagnement au positionnement

Le positionnement est une étape très importante de la démarche VAE même s’il n’est pas inclus dans les phases proprement dites de la démarche VAE. S’il n’y a pas de positionnement préalable, il n’y a pas de validation. Le positionnement permet au candidat de voir quel diplôme pouvant lui permettre de mieux réaliser son projet personnel et professionnel en fonction de ses expériences. La plupart des candidats ne savent pas comment financer cette démarche qui est particulièrement onéreuse[28]. Le terme positionnement a été interprété dans notre démarche de deux manières. Il permet au candidat d’opérer un choix sur un diplôme afin de faire la demande de recevabilité : positionnement équivaut à choix. Une fois qu’il est dans la démarche il doit pouvoir se renseigner sur les principales échéances afin d’agencer son agenda personnel : positionnement a le sens de se situer par rapport à la démarche.

a) Dossier « Tout savoir » sur la VAE

Ce diaporama a une valeur de prospectus. Il permet de visualiser toutes les informations et proposent quelques réponses aux questions que les candidats pourraient se poser. Elle est complétée par la Foire aux questions (FAQ). Les liens hypertextes jouent le rôle de confirmation et de guidage vers les informations nécessaires pour le candidat se trouvant dans une démarche VAE. Ce diaporama doit être mis en lien avec la FAQ ci-après décrite dans le cadre des informations pour lesquelles le candidat contactait autrefois l’organisme certificateur. Dans le cadre de l’accompagnement à distance de la VAE, ce diaporama remplace la réunion d’informations générales sur le processus de la Validation des Acquis de l’Expérience à l’UTM.

b) Foire aux questions

Tout individu qui a un projet dont la réussite dépend nécessairement d’une démarche institutionnelle avec pleins d’enjeux, se pose toujours des questions auxquelles il faut des réponses. La foire aux questions (FAQ) présente la plupart des questions que le candidat peut se poser tout en donnant les réponses. Elle est élaborée de manière méthodique  selon le plan : VAE et objectifs : valeur du diplôme, les conditions d’accès à la démarche et les différentes étapes, les statuts et les possibilités de financement, en apportant le maximum de réponses possibles aux questions éventuelles du candidat. La FAQ n’a pas la prétention d’avoir répondu à toutes les questions éventuelles du candidat, on pourra toujours demander au candidat de consulter le site du service de la formation continue ou contacter la cellule VAE pour de plus amples informations.

c)Calendrier

Le calendrier est une forme de contractualisation. Il fait état des dates importantes pour les grandes phases de la démarche. Aussi, il est un outil de renforcement de l’implication personnelle du candidat dans la démarche en respectant un calendrier qui a pour fonction de rappel. Dans le cadre d’une démarche à distance, elle joue le rôle d’alarme et motive le candidat encore plus à dégager du temps pour se donner dans la démarche afin d’atteindre son objectif. L’outil calendrier, dans une VAE à distance, rend manifeste la dynamique de groupe en présentiel  en servant de rappel au candidat pour qu’il se prépare aux étapes en respectant les dates. Une fois que tout est planifié par un calendrier, tout manquement à une étape relève d’une faille au niveau de l’engagement (MIAS, 1998, pp.81-82). En publiant le calendrier sur le portail, le candidat saura s’il peut dégager du temps pour suivre la démarche avant de se positionner. C’est aussi un outil de positionnement.

d)Frise de la démarche VAE

La frise doit son importance au fait qu’elle permet au candidat de se situer dans la démarche. Elle poursuit le même objectif que le calendrier. Elle présente les objectifs des différentes phases de la démarche. Selon une configuration technique, la frise laisse apparaître le thème de l’étape ; les informations importantes détaillées apparaissent en forme de lien dans un menu déroulant donnant accès direct aux sites auxquels ils correspondent. Pour le financement, des liens hypertextes permettent d’accéder aux différents dispositifs tels que Plan de formation, CIF, DIF, Congé VAE et les organismes financeurs comme les OPCA (fafih, unifaf, fafiec, fongecif, opcalia). Pour éviter de favoriser un seul organisme, il a été jugé pertinent que plusieurs soient figurés. Pour la partie qui concerne le jury, aucun lien ne s’ouvrira pour le point concernant entretien car cette frise sera « tout public » alors que le lien vers les autres diaporamas (reprenant ce qui se fait dans les ateliers d’accompagnement méthodologique en présentiel) concernent tous ceux qui auront choisi la démarche avec accompagnement. En ce qui concerne les résultats, un lien donnera accès au diaporama « Tout savoir sur la VAE ».

e) La frise de la démarche d’accompagnement VAE

Cette frise sera mise à la disposition de ceux qui font la VAE avec accompagnement. Elle permettra au candidat de voir les différentes phases d’accompagnement qui constituent un appui aux étapes les plus importantes de la démarche comme l’élaboration du dossier et l’entretien avec le jury lors de la validation proprement dite. Elle imite le principe de la frise de la démarche VAE avec un menu déroulant sur les différentes activités de l’accompagnement méthodologique. Tous les diaporamas sonorisés et les fiches de gestes commentées sont accessibles via cette frise.

f) Fiche de progression dans la démarche

La fiche de progression de la démarche présente le parcours VAE dans ses différentes étapes. Écrite à la première personne, elle est présentée sous la forme d’un QCM en indiquant les actions effectuées par le candidat. En complétant la frise et le calendrier, il permet au candidat de voir ce qu’il a déjà fait et ce qu’il lui reste à faire pour ne pas sauter les étapes de la démarche et arriver à la validation selon le cadre établi. L’emploi de la première personne permet l’autoréflexion en cochant les cases des points déjà vus dans le parcours. C’est un facteur de renforcement de la motivation et du travail en autonomie.

Les outils d’accompagnement méthodologique

Savoir décrire son parcours, élaborer le dossier et maîtriser les techniques de l’entretien avec le jury, tels sont les axes de la dimension formative de la démarche VAE. Nous avons gardé le même esprit pédagogique tout en retravaillant les diaporamas pour qu’ils n’effraient pas les candidats par leur taille. La concision que nous avons adoptée s’inscrit dans l’objectif de pas semer la confusion en s’attachant à trop de détails. Nous avons été à l’essentiel pour gérer la question du temps et pour ne pas brouiller les pistes du candidat avec une surcharge de détails,

Les outils d’aide au travail en autonomie ou renforcement de l’accompagnement méthodologique et disciplinaire

Les outils d’aide au travail en autonomie concernent toutes les fiches mises en place pour permettre au candidat de faire le travail de retour sur sa vie professionnelle en mettant en exergue toutes ses formations, ses expériences professionnelles et personnelles. Elles aident à porter un regard professionnel sur les expériences. Pour aider le candidat à travers les notions difficiles de mission, tâches et activités, une fiche d’exemple d’expériences professionnelles et extra-professionnelles lui a été proposée ainsi qu’un document lui permettant de comprendre comment remonter à ces expériences en tenant compte des missions, tâches et activités.

a) Portefeuille de compétences VAE

Les trois fiches de relevé des divers acquis : formation, activités professionnelles et activités extra-professionnelles, constituent le portefeuille de compétences dont le candidat s’appropriera pour construire le contenu de son entretien avec le jury. Cette appropriation lui permettra de répondre plus facilement aux questions des membres du jury. Les fiches sont proposées de telle sorte que le candidat arrive à faire tenir compte de tous les acquis ayant rapport avec le contenu du diplôme visé. En travaillant ces fiches, le candidat n’aura pas les mains vides et pourra mieux se faire aider par l’accompagnateur.

a.1- Fiche de relevé des acquis professionnels

Elle comprend quatre colonnes dont la première permet d’identifier le(les) poste(s) occupé(s), ce qui est représenté par le mot « fonction ». La deuxième colonne fait état  des principales missions relatives au poste ou à la fonction occupée. Étant donné que les activités principales sont développées dans la fiche de description, cette fiche présente seulement les missions et rendent compte du degré d’autonomie du professionnel. La troisième colonne permet d’identifier les compétences, connaissances et aptitudes mobilisées pour réaliser ces missions. Le travail du référent sera d’aider le candidat à retrouver les compétences acquises à partir des activités et les mettre en adéquation avec le contenu du diplôme visé.  La maquette et la plaquette pédagogique du diplôme visé serviront de support pour le candidat dans le cadre de cette activité (on part du principe que le référent ne va pas lui dire ce qu’il faut mettre, dans un travail de co-construction, le candidat y arrivera). Quelque peu difficile que puisse paraître cette activité, elle rentre dans cette dimension formative de la VAE qui oblige le candidat à cibler ses compétences en tenant compte d’un référentiel qui est la maquette et la plaquette pédagogiques du diplôme. Cette fiche aidera le candidat dans la préparation de l’entretien avec le jury.

a.2- Fiche de relevé des acquis de formation

Dans le cadre de la validation visant les diplômes de l’enseignement supérieur, une formation antérieure est toujours importante et peut faire le poids dans la décision du jury. Les acquis de formation complètent les autres types d’acquis susceptibles d’êtres validés. Au cours de l’entretien avec le jury, il faut se présenter en prenant en compte son parcours de formation. Même s’il est pauvre ou que les certifications n’ont pas été obtenues, il y a quand même des acquis à mettre en valeur. Les stages font aussi partie des acquis de formation. La dernière colonne permettra l’intervention du référent disciplinaire dans son travail de guidage du candidat pour qu’il arrive à mettre les acquis en lien avec le diplôme. En les listant, cela facilitera le choix du candidat aidé par le référent

a.3- Fiche de relevé des acquis extra-professionnels

Elle répertorie tout ce qui concerne les activités d’association, de syndicalisme ou d’autres activités ayant rapport à la vie personnelle du candidat. Son objectif est de permettre au candidat de faire rentrer dans son portefeuille de compétences des activités qui ne peuvent pas figurer sur les deux fiches concernant les acquis de formation et les acquis professionnels. La plupart du temps certaines compétences décrites dans la maquette de diplôme peuvent se retrouver dans ces activités et non dans la vie professionnelle ou le parcours scolaire. Cette fiche part du principe qu’en dehors des formations et des activités professionnelles, le candidat a une autre vie où il développe et acquiert des compétences qui sont dignes d’être validées.

b)Fiche de description des expériences professionnelles et extra-professionnelles

Les candidats que nous avons rencontrés nous ont expliqué toutes leurs difficultés à faire le travail de mise à plat de leurs expériences demandé par le référent. C’est ce qui nous a poussés à construire cette fiche. Elle vise trois objectifs : aider le candidat à l’élaboration du dossier, permettre au candidat de préparer le contenu de l’entretien avec le jury en se faisant guider par son accompagnateur, remplir son portefeuille de compétences. Elle permet la mise à plat des acquis en tenant compte des différentes missions, des activités et de leur fréquence, du degré d’autonomie et les responsabilités, des difficultés rencontrées, des compétences acquises ou mobilisées, de la satisfaction personnelle avant de faire le lien entre les compétences et les connaissances visées. La fiche de description des acquis permettra de remplir la fiche de relevé des acquis professionnels et la fiche de relevé des acquis extra-professionnels. Cette fiche est centrée sur « l’analyse de l’activité professionnelle, c’est un  modèle habituel d’identification de la compétence ». (Les cahiers de l’accompagnement (2001), Ed. CARIF Poitou-Charentes, Repères No 42). Elle est le plan de l’élaboration du dossier.

Modélisation de l’espace d’accompagnement

La mission de stage consiste à réfléchir sur une modélisation d’un dispositif d’accompagnement. En plus du fait d’apporter des informations aux potentiels candidats à la validation des acquis de l’expérience, l’idée de portail peut être comprise dans une logique de vulgarisation de la démarche VAE, le portail est de l’accompagnement au positionnement. Comme l’accompagnement méthodologique et disciplinaire est facultatif, la mise en place d’un cadre restreint est nécessaire pour éviter que ceux qui décident de faire la démarche sans accompagnement ne puissent pas en bénéficier.

Nous avons repéré plusieurs possibilités parmi lesquelles on a fait un choix en tenant compte de plusieurs paramètres. La première possibilité est l’interface Moodle proposant l’outil Mahara pour tout ce qui est interaction entre les candidats. L’une des conditions pour lesquelles les candidats préfèrent effectuer la démarche d’accompagnement VAE à distance est la question de l’incompatibilité des emplois du temps. Utiliser l’espace Mahara demande un temps de formation qu’un tutoriel ne saurait remplacer. En réalité, il faut des connaissances informatiques plutôt avancées et un temps de production de documents en plus du travail d’élaboration du dossier à effectuer pendant une période longue en terme d’investissement mais en même temps courte en terme d’échéance.

Étant donné que les candidats ont les mêmes droits que les étudiants, ils auront l’accès via Iris à un cours qui s’appelle VAE. L’accès est restreint pour éviter que les candidats VAE n’ayant pas choisi la démarche avec accompagnement puissent y accéder. Ce « cours[29] » présente deux étapes importantes à savoir l’élaboration du dossier et l’entretien avec le jury.  Dans la démarche d’accompagnement en présentiel de l’UTM, on prévoyait des ateliers méthodologiques qui sont un ensemble de conseils pour élaborer ce dossier. Pour l’accompagnement VAE à distance, ces ateliers sont remplacés par des diaporamas présentés selon deux modalités : diaporama simple c’est-à-dire avec du texte et diaporama sonorisé c’est-à-dire accompagné de la voix d’un commentateur. Le candidat choisira la modalité qui l’intéresse.

L’importance de l’interface d’IRIS

Mahara demande un temps de formation et comme nous l’avons déjà dit, un tutoriel ne peut à lui tout seul expliquer le mode d’utilisation. On ne peut pas demander au candidat de maîtriser un espace personnel qu’il abandonnera une fois que la démarche est arrivée à échéance. L’interface de Mahara isole plus qu’il ne crée de liens.  La réalité est que les individus préfèrent partager des idées, des émotions, échanger des opinions plutôt que d’avoir à consulter l’espace personnel de quelqu’un qui ne peut rien apporter pour sa démarche personnelle. L’autre difficulté de Mahara est qu’il demande du temps, les candidats à la VAE sont avant tout des professionnels qui ont choisi de suivre l’accompagnement à distance dans le cadre de leur VAE parce qu’ils ne peuvent pas dégager du temps dans leur agenda personnel. Le choix de l’interface d’IRIS a une importance à quatre niveaux : didactique, interactif, financier, contrôle d’assiduité.

Didactique

Sur l’espace IRIS qui est fait exclusivement pour les cours, on peut déposer des fichiers de tout type. Le fichier peut être en téléchargement ou le texte peut être tapé directement sur l’espace. Dans l’espace personnel, le candidat peut insérer son portefeuille de compétences, tous les documents sur lesquels il aura travaillé et qu’il aimerait partager avec d’autres candidats. Pendant toute la durée de la démarche, le candidat dispose d’un espace pour s’occuper de tout ce qui concerne sa démarche VAE et ses documents sont enregistrés en toute sécurité.

Interactivité

Les candidats manifestent à un fort pourcentage (100%) leur désir d’être en contact avec d’autres candidats et pensent que cette mise en contact permettra des échanges. Le clavardage (chat), le forum existent sur la plate-forme et permettent des échanges comme c’est le cas de tous les réseaux sociaux très connus (Facebook ou MSN) qui développent une certaine interactivité tout en le candidat d’un profil (coordonnées, photo, diplôme visé). L’intérêt de cet outil est que le candidat abonné au forum est au courant de tous les nouveaux messages postés sur l’espace forum via un mail qu’il reçoit sur le BUT (Bureau Numérique de Travail). Ce mail s’accompagne du message posté et d’un lien invitant le candidat à répondre sans avoir à se rendre sur la plate-forme en suivant un autre processus d’authentification. Quand le candidat se connecte, en cliquant sur « messages personnels » il accède à l’espace de messages instantanés (chat). Il repère les membres de son groupe qui sont en ligne et peut leur envoyer un message. Cette interactivité fonctionnant par des messages d’alerte arrivant directement sur le compte ENT[30] diminue les risques de décrochage du candidat car il doit toujours vérifier son compte pour voir les messages reçus de la cellule, de son référent disciplinaire et d’autres candidats VAE. Le travail du référent et de la cellule VAE consiste à développer les activités au niveau des réseaux formés et susciter la participation en lançant des sujets de débat ou autre.

Financier

Les organismes financeurs ont avant tout besoin d’une preuve que le candidat a suivi l’accompagnement avant de financer quoi que ce soit. Dans la démarche suivie en présentiel, les responsables de l’UTM font passer une liste d’émargement qui sera présentée aux financeurs pour justifier que la présence a été manifeste. En réalité, bien des failles peuvent rentrer en ligne de compte. La feuille d’émargement étant signée avant la fin de l’atelier, il peut toujours se déplacer trente minutes après le début de l’atelier et le financement ne sera pas bloqué par la cellule VAE parce que l’argent lui sera versé directement et non au candidat. Empêcher le candidat de partir en barrant sa signature peut générer des conflits que l’on peut éviter en adoptant une forme de leadership nonchalant, il faut voir que le candidat est un adulte et un professionnel qui peut bien avoir des difficultés spécifiques. La présence du candidat sur la plate-forme IRIS est bien marquée par un rapport d’activités avec des données statistiques présentant toutes les actions faites par le candidat et le candidat ne peut pas le modifier. Autre intérêt, les temps d’inactivité ne sont pas comptabilisés.

Tout cela pour arriver à l’idée que le financement dans le cadre de l’accompagnement à distance de la VAE est possible. Le rapport d’activités qui est fait automatiquement par le site fournit des précisions qui dépassent une simple signature sur une feuille d’émargement. Alors que la signature dit que le candidat a bien suivi la démarche, le rapport d’activité certifie que le candidat a bien travaillé son cours et a été actif. Un candidat peut toujours signer la feuille de présence mais n’a rien suivi pendant le déroulement de l’atelier même s’il est présent physiquement dans la salle, le rapport d’activité témoigne de la participation effective du candidat du candidat.

Suivi et contrôle d’assiduité

Le phénomène de décrochage n’étonne personne dès qu’on parle d’activités dont le suivi se fait à distance. Le rapport d’activité peut être utilisé comme moyen de contrôle des actions posées par le candidat dans sa démarche. La cellule dispose d’un outil lui permettant de vérifier les activités du candidat, celui qui n’est pas actif sera repéré rapidement et on peut faire les suites nécessaires pour comprendre s’il s’agit d’un cas d’abandon ou d’un report qui n’a pas été signalé à l’organisme certificateur.

3.5.-REPÈRES POUR L’ACTION

Après avoir analysé les enjeux et l’importance de l’accompagnement pour les candidats à la VAE, nous nous permettons de proposer des repères pour que l’accompagnement débouche sur de meilleurs résultats. Nous proposons des axes visant le renforcement de l’implication professionnelle active du travail du référent disciplinaire. Nous avons réfléchi sur les actions à entreprendre pour que le candidat se sente appartenir à un dispositif et qu’il renforce sa participation et sa motivation, nous espérons par là réduire le risque de décrochage. Aussi, osons-nous mettre l’accent sur les paramètres sur lesquels l’administration de la cellule VAE doit agir pour rendre la démarche plus accessible aux personnes intéressées.

3.5.1.-Renforcement de l’implication professionnelle du référent disciplinaire

Un réseau de référents VAE se révèle important pour le retour des expériences afin que chacun participe à la professionnalisation de l’autre en améliorant la pratique. Ce réseau existait  par le passé au niveau de l’UTM et il s’avère important de le réactiver en faisant un diagnostic sur les causes ayant conduit à sa disparition. Le retour d’expériences peut se faire sous forme de séminaires. Le renforcement de l’implication professionnelle active des référents passe par les modalités de rétribution.

Si l’accompagnement est un métier difficile, il faut que le professionnel soit bien rémunéré pour qu’il s’implique mieux dans cette pratique. En effet, le travail du référent n’est pas encouragé quand le candidat se retrouve face à un jury manifestant une certaine résistance à la validation des acquis de l’expérience. Le résultat obtenu par le candidat est aussi le résultat de la démarche d’accompagnement du référent. Pour favoriser cet encouragement, il faut faire participer le référent dans le jury de validation pour que son travail ne soit pas sanctionné lors de la délibération.

Il est vrai que la recevabilité s’appuie sur un cadre légal et disciplinaire : les trente-six mois d’expériences professionnelles salariées, non salariées ou bénévoles en lien avec le diplôme visé. Compte tenu des difficultés rencontrées qui débouchent souvent sur des reports ou des abandons, il s’avérerait important que le candidat confirme sa disponibilité avant qu’on émette la notification de recevabilité. Cette situation de manque de disponibilité nuit à la motivation et à l’implication professionnelle active du référent disciplinaire accompagnant le candidat.

La mise en ligne des témoignages de référents sur leur pratique peut être utile pour sensibiliser les candidats quand ils doivent faire le choix entre une démarche avec accompagnement ou une démarche sans accompagnement.  Cela peut tout aussi bien aider les autres accompagnateurs à réfléchir sur leurs pratiques professionnelles.

3.5.2.-Renforcer le sentiment d’appartenance au cadre universitaire et développer les échanges via l’espace numérique

Le débat entre candidats visant des diplômes appartenant à un même champ disciplinaire représente une activité qui permettrait à chacun de pouvoir entendre les autres et se faire entendre. Les échanges se font sur une base commune et d’un diplôme à l’autre, il y a des connaissances et des compétences similaires que certains candidats n’auraient pas comprises. Ces échanges peuvent se faire sur le net en utilisant le chat ou en lançant des sujets de réflexion via le forum. Cette dimension reproduit le modèle d’apprentissage par les paires.

Dès que l’inscription au diplôme a été faite, le mail via l’espace ENT doit être le vecteur des échanges candidat-candidat/candidat-cellule VAE/candidat-référent. Avec une telle disposition, le candidat sera toujours en contact avec les autres via le forum dont les questions sont visibles sur l’adresse mail ENT. Ainsi, la participation sera plus efficace et le risque de décrochage est limité.

Au moins une fois, de préférence en amont de la démarche, un regroupement serait important pour les candidats qui ne se retrouvent pas dans la contrainte des barrières frontalières. Ce regroupement a pour but de faire un premier contact qui va être enrichi sur le mode virtuel et qui peut développer une motivation différente si la démarche était complètement à distance, c’est-à-dire sans ce regroupement avant ou pendant le processus.

Les technologies de l’information et de la communication sont de plus en plus utilisées dans les formations à distance. Nous pensons que l’accompagnement disciplinaire peut se faire via des moyens de communications comme le mail, la vidéoconférence ou par téléphone. En ce qui concerne l’accompagnement méthodologique, un support papier serait très important. Ce support papier a avant tout un signe symbolique, il permet de créer des liens entre le candidat et l’UTM. Il serait important pour que la cellule VAE fasse parvenir un kit des documents d’aide au candidat même si ces documents se retrouvent en téléchargement sur l’espace d’accompagnement.  L’objectif consiste à éviter de donner l’impression que tout se déroule sur le mode virtuel, c’est une manière d’accrocher le candidat et de dissiper tout sentiment de solitude qui peut conduire au décrochage.

3.5.3.-Favoriser une démarche uniforme sur les deux modalités

Au plan organisationnel, l’utilisation de la plate-forme Moodle sur Iris demande un important travail de planification. Les différents diaporamas doivent être mis en consultation à la même date que le déroulement de l’atelier en présentiel pour que le calendrier préétabli puisse servir les deux modalités. Sur le rapport d’activité l’accent sera mis sur le temps passé à travailler les ressources disponibles.

Dans le cadre de l’accompagnement en présentiel de la VAE, il serait intéressant de réunir autour d’un sujet les candidats demandant des diplômes appartenant à un même champ disciplinaire. Cette activité serait importante à faire en présentiel ou à distance sur le forum de l’espace numérique d’accompagnement.

3.4.-LIMITES

Nous avions rencontré de nombreuses difficultés pour recueillir des données. En dépit du fait que nous ayons signalé l’importance du travail que nous faisons, nombreux sont les candidats qui n’ont pas retournés  les questionnaires que nous leur avons envoyés. Ceci explique pourquoi l’échantillon avec lequel nous avons fait notre analyse n’est pas grand. Des difficultés matérielles nous ont empêchés de rencontrer un plus grand nombre de référents disciplinaires sans oublier ceux qui ne pouvaient pas se libérer au cours de la période où nous avons planifié les entretiens.  Nous pensons que nos données nous conduiraient à une analyse encore plus pertinente si les deux groupes ciblés avaient une population plus importante.

Le développement du concept de l’implication professionnelle l’emporte sur les multiples stratégies pour renforcer et enrichir l’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience qui auraient pu figurer dans notre mémoire. Nous devrions sans doute mieux développer les postures d’accompagnement à adopter. Nous avons compris la grande importance de l’accompagnement disciplinaire aux yeux des candidats VAE. Sur ce, le concept d’implication professionnelle nous a semblé plus opérationnel dans le cadre d’une équité et d’efficacité pour un accompagnement sur la double modalité : en présentiel et à distance.

On peut reprocher à notre diagnostic  le fait qu’il s’appuie plus sur l’analyse des données de terrain que sur le cadre théorique. Mais nous l’avons ainsi conçu car nous avons jugé que c’est une approche pertinente pour présenter la dimension professionnelle de travail de stage dans la construction de divers outils.

Nous n’avons pas pu atteindre notre objectif qui consistait à mettre les candidats en interaction sur l’espace numérique, nous avons seulement testé les fonctionnalités lors de notre stage avec certains étudiants pour vérifier de la faisabilité. Par ailleurs, nous avons pris le soin de présenter le mode d’utilisation dans la description que nous en avons faite. Nous pouvons aussi ajouter le fait que nos calculs statistiques s’avèrent assez faibles et manquent de rigueur pour appuyer certaines de nos affirmations mais ils nous ont quand même permis de comprendre nos résultats et de formuler des repères pour l’action visant à améliorer le dispositif d’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience.

 

4.-L’AUTO-ÉVALUATION DU DÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL

Au départ mon projet professionnel n’était pas clair car la lecture de la plaquette pédagogique ne suffisait pas pour cibler un milieu professionnel ayant besoin des compétences que je pourrai acquérir. Participer  au développement professionnel des salariés de tous les types d’entreprises par la mise en  place des plans de formation est un phénomène qui m’a toujours intéressé. Aussi j’aimerais évoluer dans l’inspection académique comme chargé de mission pédagogique. L’un des objectifs m’ayant poussé à choisir le stage au niveau de la validation des acquis de l’expérience (VAE) rencontre mon objectif de comprendre comment des professionnels peuvent donner du sens à leurs pratiques quand ces dernières sont sujettes à être verbalisées à des fins d’évolution professionnelle. Mon déclic a été la fiche de lecture qu’il fallait produire et j’étais attiré sans trop de finalité par l’implication professionnelle dans le travail social de Christine Mias. Ce concept d’implication professionnelle que j’utilisais comme Monsieur Jourdain qui fait de la prose va prendre toute son importance dans mes activités d’étudiant et de professionnel principalement dans la démarche d’audit et dans le stage long.

Intégrer une institution pour réaliser un stage de nos jours demande du recul en plus du respect de codes déontologiques que l’on s’est fixés en amont. La professionnalisation ne pourra pas avoir lieu si l’on ne prend pas le temps de faire une première analyse objective. La gestion des élans d’émotions est un aspect important qu’il faut prendre en compte afin que j’arrive à me fondre dans la structure pour la réalisation de la mission dans laquelle je me suis engagé.

Après avoir lu l’ABC de la VAE, ouvrage publié sous la direction de Jean-Pierre BOUTINET et auquel ont collaboré de nombreux théoriciens s’occupant chacun d’un thème précis de la démarche, j’ai compris ma posture de stagiaire différemment. Pour rentrer dans ces postures (étudiant/candidat VAE/accompagnateur/salarié) j’ai du faire un travail de décentrement quasiment impossible. En effet, j’avais du mal à rentrer dans mes multiples costumes : l’étudiant qui doit valider son année d’études par un mémoire, le stagiaire qui doit réussir sa mission, le professionnel qui doit se faire découvrir, le citoyen qui doit préparer un plan de réintégration afin de développer un pays dont le tissu social et économique est en lambeaux.

La grosse difficulté consiste avant tout à mobiliser les compétences acquises en formation pour être opérationnel, il fallait aussi les faire rentrer dans le contexte de ma situation professionnelle qui n’est pas l’élément central de mes études. La plaquette pédagogique du Master était ma boussole. Je ne pouvais pas la lâcher car je dois inscrire toutes mes interventions et alternatives dans le cadre de mes études et progresser selon un processus de professionnalisation. Par ailleurs, il fallait renforcer mon implication professionnelle en suivant un agenda chargé avec des activités pour lesquelles je devrais trouver des liens car au départ elles n’en avaient pas. Les compétences n’étaient pas seulement des savoir-faire mais un savoir-être qui consiste à se mettre à la place du candidat dans les intérêts duquel on veut faire le travail de réflexion d’accompagnement.

La réalité de l’entreprise est bien loin de la réalité d’une salle de classe ou d’une structure dans laquelle on a travaillé depuis quelques temps et pour me l’intérioriser, j’ai du mobiliser des compétences éthiques pour éviter de nuire par ma présence. La professionnalisation nécessite quelquefois de jouer le rôle du martyr pour préserver une certaine vision des autres. J’ai vécu cette situation quand j’avais le choix entre laisser croire que ma référente s’était trompée et prendre à mon compte les erreurs commises. J’ai rapidement compris que le fait d’être dans un processus de formation me donnait plus droit à l’erreur qu’une professionnelle salariée d’une entreprise. La décentration peut se voir ainsi dans une démarche de professionnalisation. Pour le faire, il faut essayer de comprendre son rôle par un travail de métaréflexion qui « va au-delà du prescrit » pour être un professionnel compétent comme le définit Le Boterf.

Je peux me permettre de faire ainsi le bilan des compétences que j’ai particulièrement développées pendant mon stage.

  1. Compétences de communication

1.1   Rédaction de mails pour expliquer des idées ou solliciter des aides aux différents responsables de l’équipe de la mise en place du projet d’accompagnement à distance de la VAE

1.2   Rédaction des comptes-rendus des réunions de planification

  1. Compétences éthiques

2.1   Développement d’une stratégie d’évolution dans un milieu plein d’enjeux sans faire dérogation aux normes préétablies

2.2   Mobilisation de capacités de compréhension des facteurs pouvant extérioriser de grandes émotions

2.3   Adoption d’une posture d’intégration d’un système sans gérer de conflits en tenant compte des aspects inter-individuels et intra-individuels

  1. Compétences en ingénierie de formation

3.1   Facilitation d’une démarche de formation en mettant en place des documents d’accompagnement visant à apporter de l’aide à l’élaboration de dossiers qui seront évalués.

3.2   Mise en place de supports permettant l’appropriation d’une méthodologie dans le cadre pour respecter les attentes d’un dossier

3.3   Construction d’une interface numérique permettant l’interaction des membres d’un groupe de formation tout en proposant des documents à téléchargeables à consulter.

En me mettant à la place des candidats pour mieux les aider, j’ai tout de même appris comment définir une activité professionnelle. Dans cette démarche de professionnalisation, je commence par remettre en question mes activités en tant que stagiaire tout en remontant à celles faites antérieurement dans mes expériences comme salarié.

Je comprends mieux le rôle d’un acteur dans une entreprise et je conçois une nouvelle manière d’agir de façon autonome dans le respect de tous, la manière pragmatique sans oublier une implication professionnelle active.

Je pense que j’ai acquis en même temps une nouvelle manière d’huiler mes rapports avec les personnes que je rencontrerai. Ceci s’explique par la compréhension que j’ai de l’évaluation : trouver de la valeur. Il est vrai que j’en ai souffert dans mon parcours de stagiaire de voir toujours mes erreurs prendre le dessus de tout comme si je n’étais pas capable de progrès, de compréhension, de remise en question de ce que je fai

5.-TRANSPOSITION DES ACQUIS DE PROFESSIONNALISATION DANS LE CONTEXTE HAÏTIEN

La plupart des universités haïtiennes se sont dotées d’un site internet. L’objectif à la base est de faciliter le processus de saisie de données lors des périodes d’inscription. Cette situation était logistiquement difficile car les espaces ne sont pas faits pour accueillir le nombre important d’étudiants qui décident de s’inscrire tous les ans pour passer le concours d’entrée[31].

Après le séisme du 12 janvier 2010 de magnitude 7.3 sur l’échelle de Richter, trouver un logement à Port-au-Prince devient un luxe. Le faible pouvoir d’achat, la pauvreté des familles sont autant d’obstacles pour les étudiants des villes de province qui doivent habiter la capitale haïtienne. Il faut dire aussi que bien avant la situation était la même et n’a fait qu’empirer avec la catastrophe. L’accès à l’enseignement supérieur devient de plus en plus difficile pour les étudiants des villes de province vu que la plupart des universités s’établissent dans la capitale.

L’instabilité politique et les persécutions du même ordre dont la plupart des enseignants sont toujours l’objet représentent un obstacle empêchant les cadres-enseignants de bien finir les activités d’enseignement qu’ils  ont commencées. Ils se retrouvent souvent en terre étrangère avec un statut d’exilé politique, ce qui crée un vide dans le système sinon un remplacement par des cadres moins expérimentés qu’eux, avec un niveau de formation moins important.

La mise en place d’une plate-forme pédagogique favorisant les interactions étudiants-étudiants, étudiants-enseignants se révèle une réponse assez adéquate à ces deux difficultés supra-énoncées qui peuvent avoir des impacts négatifs considérables sur le développement d’un pays en voie de reconstruction.

L’espace numérique est un prétexte où les enseignants seront obligés de faire ce travail d’élaboration du contenu des cours et détailler les principaux modules, les modalités d’évaluation. Cet aspect méthodologique est quasiment absent dans la réalité universitaire haïtienne où chaque équipe dirigeante des facultés arrive avec sa propre méthode créant ainsi un cadre polémique où le cerveau qui peut contenir le plus d’éléments est un pôle d’intelligence au grand mépris de l’adaptabilité. Avec cette modalité d’enseignement à distance, les cours seraient mieux définis dans leur objectif, les modalités d’évaluation seraient présentées ainsi qu’une bibliographie sélective pour développer le travail en autonomie.

Le seul obstacle à la réalisation d’un tel projet est l’accès encore restreint aux nouvelles technologies à une époque de plein essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Vu que la République d’Haiti est un petit pays en termes de superficie territoriale, la mise en place d’antenne de distribution de signal internet avec un espace numérique de travail peut rendre cette situation moins compliquée. Par cela, les étudiants haïtiens auraient la possibilité de s’ouvrir au monde et de développer des réseaux d’étudiants favorisant la réussite et en renforçant l’autoformation.

En termes de collaboration au développement, un projet de mise  en place de formations médicales à distance est en cours de finalisation et permettra de former les médecins du nouveau CHU[32] de Port-au-Prince que reconstruit l’Agence Française de Développement en partenariat avec les États-Unis[33]. Mon expérience de formation me permettra d’intégrer les structures s’occupant de la mise ne place de ces dispositifs de formation et mon intégration contribuera à développer le volet accompagnement à distance en mettant l’accent sur  le renforcement des interactions entre les différents acteurs impliqués dans ce processus pour de meilleurs résultats.

Conclusion

Mettre en place un dispositif d’accompagnement à distance n’est en rien une solution apportée à ceux qui se trouvent en proie à des difficultés de déplacement, des problèmes de type juridico-administratif concernant l’inexistence dans leur entreprise de congé de formation continue, d’éloignement géographique, etc. En effet, les limites de l’accompagnement à distance se retrouvent dans l’impossibilité de faire remplacer le travail de l’être humain par la mise en place d’un processus d’accompagnement par écrit avec des documents (tutoriels ou autres). L’accompagnement est un art, pas une science : on l’apprend par la pratique, par ajustements successifs. C’est aussi sans doute un don ou un charisme (Le Bouedec).  Pour mieux accompagner un candidat VAE, il paraît nécessaire pour les acteurs de faire montre d’une implication professionnelle active pour améliorer leur pratique et donner du sens à l’accompagnement. Les candidats VAE ont besoin de renforcer leur motivation et leur implication personnelles afin que la relation d’accompagnement puisse se rapprocher d’une collaboration de plusieurs acteurs engagés dans un processus dont les actions doivent aboutir à un résultat commun. L’engagement qui pousse à développer une implication active se révèle être une stratégie commune de tous ceux qui participent à la viabilité du dispositif VAE ainsi que l’accompagnement.

Réfléchir sur l’accompagnement passe par cette capacité de décentration permettant de se mettre à la place de l’individu pour comprendre ses intérêts. Si la mobilisation de compétences en ingénierie de l’information représente une façon d’aider le candidat, une certaine distance doit être prise par rapport à un leadership nonchalant qui fait montre d’un engagement désimpliqué de la part de l’individu. Les stratégies de renforcement de l’implication active de l’individu nécessitent d’abord un renforcement de l’implication active personnelle et professionnelle du chercheur.

Bibliographie

BOUTINET, J.-P., (2009). L’ABC de la VAE. Toulouse : Ed. Erès.

CHERQUI-HOUOT, I., NKENG, P.et TRIBY E., (2007) « l’accompagnement VAE, pour une mise à distance ». Nouveaux territoires de la connaissance. Coll. CNED/Lavoisier

CROZIER, M. et FRIEDBERG, E., (1977). L’acteur et le système. Paris : Ed. du Seuil.

GUICHARD, J. et HUTEAU, M., (2006). Psychologie de l’orientation. Paris : DUNOD

GURRIERI C., (2007). «  L’implication personnelle : un outil psycho-social pour comprendre le lien population-objet » Psicologia em Estudo Maringá.

LE BOTERF, G., (1993). L’ingénierie de l’évaluation et de la formation. Paris : Les éditions d’organisation.

LE BOTERF, G., (2010). Professionnaliser, construire des parcours professionnalisés de professionnalisation. Paris : Groupe Eyrolles, éd. d’organisation.

LE BOUEDEC, G., (2001). L’accompagnement en éducation et en formation : un projet impossible ? Paris : L’Harmattan.

LHOTELLIER, A., (2003). Tenir conseil, délibérer pour agir. Paris : Broché, éd. Seli Arslan.

MIAS, C., (1998). L’implication professionnelle dans le travail social. Paris : L’Harmattan.

PAUL, M., (2003). L’accompagnement, une posture professionnelle spécifique. Paris : L’Harmattan.

PETERS, O., (1992) « Some observations on dropping out in distance Education” in Distance Education, Volume 13, Issue 2

ROGERS, C.R., (2001). L’approche centrée sur la personne. Paris : Broché

TERROT, N., (1997). L’histoire de l’éducation des adultes en France. Paris : L’Harmattan.

VERMERSCH, P., (1994). L’entretien d’explicitation. Issy-les-Moulineaux : ESF éditeur. 6ème édition(2010).

WIEL, G., (2000). Sortir du mal-être scolaire – Promouvoir la fonction accompagnement. Saint-Etienne: Chronique sociale.

ANNEXES

Index des sigles

CAFOC : Centre Académique de Formation Continue
CGT : Confédération Générale du Travail
CIF : Congé Individuel de la FormationCNED : Centre National d’Éducation à DistanceDAEU : Diplôme d’Accès aux Études Universitaires
DIF : Droit Individuel de la Formation
DTICE : Direction des Technologies de l’Information et de la Communication à l’Enseignement
DU : Diplôme d’UniversitéENT : Environnement Numérique de Travail
SFC : Service de la Formation Continue
FOAD : Formation Ouverte à Distance
FONGECIF : Fonds de Gestion du Congé Individuel de la Formation
FTLV : Formation Tout au Long de la Vie
IUT : Institut Universitaire Technologique
OPCA : Organisme Paritaire de Collecteurs Agréés
RNCP : Répertoire National de Certifications Professionnelles
SED : Service de l’Enseignement à DistanceSRC : Sens-Repères-Contrôle
TIC : Technologies de l’Information et de la Communication
TICE : Technologies de l’Information et de la Communication à l’Enseignement
UTM : Université de Toulouse-Le-Mirail
VA 85 : Validation d’Acquis conformément au décret du 24 Août 1985
VAE : Validation des Acquis de l’Expérience
VAP : Validation des Acquis Professionnels
VES : Validation des Études Supérieures

Fiche de relevé des acquis de formation

F    O    R    M    A    T    I    O    N    S   /   S  T  A  G  E   S 

Date/ Durée Spécialité /Domaine Etablissement/ entreprise Certificat/diplôme Compétences/connaissances/aptitudes acquises Compétences du diplôme visé correspondant

Fiche de relevé des acquis professionnels

Fonction/Poste Missions Compétences/connaissances/aptitudes mobilisées Compétences en lien avec le diplôme visé correspondant
Directeur technique et administratif d’un commissariat de police Renforcer la sécurité au niveau du département Communication, Compétences éthiques,
Veiller au bon fonctionnement du travail des policiers Evaluation, Analyse, Conduite de réunion
Développer la proximité de l’institution policière et de la population. Ecrits et discours professionnels, Conduite de réunion

Fiche de relevé des acquis extra-professionnels

ASSOCIATIONS / SYNDICATS / AUTRES ….

Domaine d’activités Fonctions/Poste Missions Compétences/connaissances/aptitudes mobilisées Compétences en lien avec le diplôme visé
Animation culturelle et sociale Animateur/ Établir un calendrier d’activités Mise en place Cahier des charges

 

 Management/Communication/Médiation/ Conseil 

Aide à la description des expériences professionnelles et extra-professionnelles

Missions

La mission de l’entreprise ?

L’activité principale de cette entreprise ?

Votre poste ?

Votre mission ?

(Si votre mission n’est pas clairement définie dans le cahier des charges ou dans aucun autre document, il faut faire le lien entre ce que vous avez comme attributions et la mission de l’entreprise dans laquelle vous exercez des activités. En répondant aux questions précédentes vous pouvez définir votre mission effective au sein de l’entreprise.)

Activités (vos buts de tous les jours)

Sur  quoi vous a-t-on donné une formation avant de vous placer dans l’entreprise?

Si on ne vous pas formé, on vous a peut-être mis dans une position d’observation? Vous avez observé quoi ?

Que faites-vous systématiquement tous les jours ?

Ou bien quel votre but tous les jours dans le travail ?

(Veuillez noter qu’ainsi peuvent être comprises vos activités)

Tâches (tout ce que vous faites pour atteindre ce but)

Pour les tâches, vous pouvez répondre à la question : que faites-vous pour atteindre ce but ?

Dans le cadre de vos activités, planifiez-vous des actions à réaliser à un moment donné pendant une certaine durée ? Si oui ?

Quelles sont ces actions ?

Prenez une page blanche et quelques fiches. Sur chaque fiche écrivez un but (sachant que le but est une activité) en première ligne et en dessous écrivez toutes les actions que vous faites pour atteindre ce but en plaçant chaque action sur une ligne. Vous allez faire pareil pour tous les buts sur une fiche distincte.

En haut de la page blanche écrivez l’intitulé de votre poste ou directement la mission si elle est clairement définie. Replacez sur cette page tous  les buts accompagnés de leurs actions.

Ce que vous avez sur la page blanche est la description d’une expérience professionnelle en mission, activités et tâches.

Autonomie/responsabilité

Travaillez-vous en équipe ou seul ?

Quelle est votre position par rapport aux membres de ton équipe ?

Avez-vous des rapports à rendre dans le cadre de votre poste ?

Quand ? (tous les jours/chaque semaine/chaque mois)

Si oui, des rapports concernant quoi ?

A qui ?

Le but du rapport consiste très souvent à faire état de vos principales tâches et activités. L’autonomie (votre place dans la chaîne) est dans la frontière de vos attributions et les ordres que vous recevez (qui vous dirige et qui vous dirigez).

Ce qu’il faut comprendre : Votre mission rentre toujours dans un meilleur accomplissement de la mission principale de l’entreprise sinon elle concerne une branche précise des différents axes d’intervention. Imaginez que l’on vous pose la question : comment vous réalisez votre mission ? Toutes les réponses que vous pouvez apporter à cette question concernent les activités. Les tâches concernent les actions que vous posez en un temps déterminé dans la réalisation d’une activité. Votre poste rentre dans une activité spécifique consistant. Quand on vous avait embauché dans une entreprise, on vous a sans doute donné une formation ou d’observer des gens ayant les mêmes activités, c’était dans le but de vous habituer aux différentes activités et tâches que vous auriez à vous occuper. Si vous avez des rapports à rendre, ils concernent très souvent les activités principales qui rentrent dans le cadre de votre mission dans l’entreprise. La définition de vos tâches ne peut pas se faire en négligeant vos outils de travail. L’activité d’une caissière à Auchan est d’enregistrer tous les produits achetés par les clients et d’encaisser les paiements. Avant de partir, sa tâche consiste à faire un rapport de caisse.

Les compétences, connaissances et aptitudes

Dans quel domaine votre entreprise intervient-elle ? (Exemple : la restauration rapide est le domaine d’intervention d’une entreprise comme Mac Donald’s ou Quick, une antenne de la Mission Locale intervient dans l’accompagnement, le conseil ou l’insertion professionnelle) ___________________________________________________________________________

Prenez vos activités fréquentes une par une.

Sur quoi vous vous appuyez pour la réaliser ?

Un module spécifique de formation que vous avez suivi ? Si oui, quelle formation ?quel module spécifique ?

Par rapport à des acquis développés lors d’un emploi antérieur ? Si oui, quel emploi ?

Par rapport à vos expériences antérieures, rencontrez-vous de nouvelles tâches ?

Comment procédez-vous pour la réaliser ? (séminaire de formation ? conférence ? recherches documentaires ?)

Constatez-vous un nouveau savoir-faire dans votre pratique?

Dans quel domaine s’inscrit ce savoir-faire que vous mobilisez pour accomplir cette tâche ?

Ce qu’il faut comprendre : les compétences que vous mobilisez se définissent à partir du champ dans lequel l’entreprise où vous travaillez intervient. Une connaissance concerne tout ce que vous détenez comme savoir dans un domaine quelconque et que vous pouvez mobiliser lors d’une activité. Cette activité peut être une réussite à plusieurs niveaux : soit elle manifeste la satisfaction du commanditaire ou soit c’est une réussite au niveau personnel, dans ces cas, les domaines qui sous-tendent ces actions deviennent des compétences. Plus vous mobilisez un savoir-faire dans le cadre d’une activité, plus vous êtes aptes à réaliser cette activité et mieux vous pouvez réussir cette action avec le temps, donc vous avez une compétence dans le domaine sous-tendant cette activité. Un agent commercial a des compétences en marketing pour les stratégies qu’il mobilise pour convaincre, des compétences linguistiques car il doit être préparé pour faire face à des clients appartenant à des langues étrangères : ces compétences s’inscrivent dans un autre champ de compétences qu’on peut appeler compétences communicationnelles et relationnelles. Des compétences éthiques et communicationnelles doivent rentrer dans le portefeuille d’un conseiller en bilan de compétences ou d’un conseiller en insertion professionnelle les deux doivent être réactifs pour faire face à des interlocuteurs toujours différents. La connaissance renvoie toujours à des conceptions et points de vue généraux que vous avez acquis dans une formation quelconque autour d’un outil, d’un phénomène ou d’un événement. Dès que vous êtes dans une phase réelle, une certaine particularité intervient et demande une réactivité qui se fait avec l’appui des connaissances acquises : c’est le début de la compétence.

Fiche de progression de la démarche

Positionnement

¨  Je m’inscris à la réunion d’informations générales pour m’informer sur le dispositif VAE

¨  Je vise un diplôme en adéquation avec mes expériences et je consulte le contenu du diplôme

¨  Je vérifie que j’ai trois années d’expériences salariées, non salariées ou bénévoles en lien avec le diplôme

¨  Je m’informe des dispositifs de financement et je vérifie que je peux en bénéficier

Phase 1: recevabilité

¨  Je dépose le dossier de recevabilité et m’acquitte des frais

¨  Je m’entretiens avec le référent disciplinaire

¨  Je reçois la notification de recevabilité

Phase 2: Élaboration du dossier

¨  Je constitue et dépose le dossier d’inscription administrative et m’acquitte des droits d’inscription.

¨  Je choisis entre la prestation avec accompagnement ou sans accompagnement

¨  Appropriation de la VAE à l’université

¨  Je décris mes expériences professionnelles, extra-professionnelles, personnelles en faisant ressortir les compétences, connaissances aptitudes mobilisées

¨  Je fais ressortir le lien entre les compétences, connaissances, aptitudes mobilisées et le contenu du diplôme visé

¨  Je m’approprie les techniques pour l’entretien avec le jury

¨  Je dépose le dossier en respectant la date  prévue dans le calendrier

¨  Je m’entretiens avec les membres du jury

¨  Je fais une présentation argumentée de mes connaissances, connaissances et aptitudes

¨  Je suis les recommandations du jury dans le cadre d’une validation partielle

Frise de la démarche VAE

                                                                  

PHASE 1

PHASE 2

POSITIONNEMENT[34]                                     -Choix du diplôme

-Information sur la procédure VAE à l’UTM[35]

-Financement[36]

-Composition du dossier[37] de recevabilité avec les pièces justificatives[38]

-Dépôt du dossierRECEVABILITE  -Vérification des 36 mois d’expérience en lien avec les compétences et connaissances du diplôme sur la base du descriptif du parcours et des pièces justificatives

-Notification de recevabilité[39]

-Inscription au diplômeELABORATION DU DOSSIER– Appropriation de la VAE à l’université/

-Description du parcours professionnel en faisant ressortir les compétences, connaissances aptitudes mobilisées

-Analyse du lien entre les compétences, connaissances, aptitudes mobilisées et le contenu du diplôme visé

-Préparation à l’entretien avec le jury

***Possibilité de se faire accompagner dans cette phaseJURY 

-Étude du dossier

-Entretien avec le jury

-Délibération[40] et notificationMai 2011 au 15 sept 2011Jusqu’au 28 octobre 2011Nov. 2011 – mars 2012 Avril à Juin 2012

1 entretien par mois avec le référent disciplinaire dans le cadre du suivi individualisé

Conseils méthodologiques pour l’explicitation des parcours Novembre 2011
Fiche de description des expériences et des compétences Décembre 2011
Conseils méthodologiques sur l’élaboration du dossier VAE Janvier 2012
Portefeuille de compétences VAE Février 2012
Préparation de l’entretien avec le jury Mars 2012
Dépôt du dossier VAE 27 avril 2012
Jury (Entretien et délibération) 28 au 31 mai 2012

Calendrier de la démarche VAE avec accompagnement

Dépôt du dossier de recevabilité 1er au 15 septembre 2011
Étude du dossier 15 septembre au 31 octobre 2011
Notification de recevabilité Jusqu’au 31 octobre 2011
Inscription au diplôme Jusqu’au 30 novembre 2011

Calendrier de la démarche VAE

Dépôt du dossier de recevabilité 1er au 15 septembre 2011
Étude du dossier 15 septembre au 31 octobre 2011
Notification de recevabilité Jusqu’au 31 octobre 2011
Inscription au diplôme Jusqu’au 30novembre 2011
Accompagnement Novembre -mars 2012
Dépôt du dossier VAE 27 avril 2012
Jury 28 au 31 mai 2012

Tableau 3.  Présentation de l‘appréciation des outils par les candidats

Les outils

Appréciation des candidats

TB (%) B (%) AB (%) PASS (%)
1. frise de la démarche VAE 83.33 16.66 0 0
2. frise du processus d’accompagnement 58.33 41.66 0 0
3. fiche de description des expériences 66.7 25 8.33 0
4. portefeuille de compétences VAE 66.7 16.66 16.66 0
5. calendrier 66.7 16.66 16.66 0
6. diaporamas sonorisés 50 25 0 25
7. forum assisté d’un modérateur 58.33 16.66 25 0
8. réseau numérique candidats VAE 58.33 41.66 0 0

Foire Aux Questions (FAQ)

Questions

  1. Qu’est-ce que la VAE ?
  2. Qu’est-ce que la VA 85 ?
  3. Quels sont les critères retenus pour faire une VAE ?
  4. Faut-il être en activité pour pouvoir entreprendre une VAE ?
  5. Quels sont les diplômes que l’on peut obtenir par la VAE ?
  6. Comment s’obtient un diplôme par la VAE ?
  7. Le diplôme obtenu par VAE a-t-il la même valeur que les diplômes obtenus dans le parcours de formation initiale ?
  8. Est-il possible de valider la totalité du diplôme ?
  9. Que faire dans le cadre d’une validation partielle ?
  10. Quelles sont les grandes étapes d’une démarche VAE ?
  11. Qu’est-ce que la recevabilité ?
  12. Qu’est-ce que l’accompagnement ?
  13. Est-il possible de faire une VAE sans être accompagné ?
  14. Sans être titulaire d’un diplôme, est-il possible d’entreprendre une VAE ?
  15. Pourquoi est-il nécessaire de s’inscrire au diplôme ?
  16. Qui peut m’aider à financer la VAE ?
  17. Qu’est-ce que le plan de formation ?
  18. Qu’est-ce que le congé VAE ?
  19. Est-il nécessaire d’informer son employeur?
  20. Mon employeur est-il tenu de me repositionner sur un autre poste en lien avec mon nouveau diplôme ?

Réponses

1. La VAE est un droit individuel inscrit dans le Code du Travail – Sixième Partie « La formation professionnelle tout au long de la vie » Livre IV – Articles L641,  1 à 10 et dans le code de l’éducation articles L.613-3 et L.613-4. Elle permet d’obtenir un diplôme sur la base de l’expérience professionnelle en validant les acquis des expériences professionnelles salariées, non salariées ou bénévoles. Le seul critère d’accès à ce dispositif est de pouvoir justifier d’une expérience en lien avec le diplôme visé sur une durée supérieure ou égale à 36 mois.
La VAE dans l’enseignement supérieur est régie par le décret no 2002-590 du 24 avril 2002.

2. Le décret no 85-906 du 24 Août 1985 permet l’accès à une formation proposée par l’établissement pour la préparation d’un diplôme national, en dispense du titre normalement exigé. Il peut y avoir également dispense totale ou partielle de certains enseignements, ou au contraire prescription d’enseignement.

3. Le seul critère est de pouvoir justifier d’une expérience en lien avec le diplôme visé sur une période de trente-six mois. Ces 36 mois sont un cumul d’expérience et peuvent donc faire l’objet de plusieurs contrats ou missions dans diverses structures. Il n’y a pas d’obligation de cumuler ces 36 mois de manière continue. Le décret précise qu’il peut s’agir d’une expérience effectuée sur une activité à temps plein ou à temps partiel.

4. Toute personne peut entreprendre une VAE à partir du moment où le critère des 3 ans d’expérience en lien avec le diplôme est respecté. Salarié, non salarié, bénévole, demandeur d’emploi, retraité… quelque soit le statut, il est possible d’entreprendre une VAE

5. Tout diplôme inscrit au RNCP (Répertoire National de la Certification Professionnelle) peut être normalement obtenu par la VAE. Il est nécessaire néanmoins de le vérifier dans la fiche descriptive du diplôme. De fait, les licences professionnelles, licences et masters peuvent être validés par la VAE. Certains DU (Diplômes d’Universités) sont également accessibles par la VAE, d’autres sont en cours d’habilitation. Il est nécessaire de se rapprocher de la cellule de Validation d’acquis pour effectuer la vérification.

6. La démarche VAE consiste en l’élaboration d’un dossier dans lequel le candidat doit démontrer, au travers de situations professionnelles vécues, qu’il a acquis les connaissances, compétences et aptitudes en lien avec un diplôme. Les acquis sont mobilisés dans : 1.- l’expérience professionnelle 2.- les expériences extra-professionnelles 3.- les formations.
Suite à la constitution du dossier, le candidat est convoqué par un jury, qui délibérera sur la validation du diplôme (totale, partielle ou nulle).

7. La VAE est la quatrième voie d’accès au diplôme : formation initiale, formation continue, formation en alternance, VAE. Aussi, il faut satisfaire aux mêmes exigences pour l’obtention du diplôme mais d’une manière différente. Le diplôme obtenu par VAE a exactement la même « valeur » qu’un diplôme obtenu par la voie de la formation. Il n’est pas précisé sur le diplôme que celui-ci a été obtenu par la VAE.
Libre au candidat de préciser par la suite l’a obtenu par VAE (cela peut valoriser son expérience et son effort).

8. Une fois le dossier étudié et s’être entretenu avec le jury, les membres du jury délibèrent et statuent soit sur :
– une validation totale (70% de validation totale en 2010 à l’UTM)
– une validation partielle (21,5% de validation partielle en 2010 à l’UTM)
– aucune validation. (8.5% de validation nulle en 2010 à l’UTM)
Lorsque la validation ne concerne qu’une partie de diplôme ou de titre ou de certificat, le jury précise les modalités d’obtention des unités non validées: reprise d’étude, nouveau dossier, nouvel entretien…

9. Une validation partielle est souvent accompagnée des prescriptions du Jury. Un complément de formation, un test ou mise en situation, des travaux de mise à distance de l’expérience acquise, par la production de dossier, mémoire sont les principales préconisations du Jury. Si vous tenez vraiment à atteindre votre objectif par la VAE,  pourquoi ne pas tenir compte de ces prescriptions?

10. Les grandes étapes d’une démarche VAE à l’UTM sont :

–          Constitution d’un dossier pour l’étude de la recevabilité de la démarche

–          L’inscription au diplôme

–          L’élaboration du dossier de validation, avec possibilité de se faire accompagner

–          L’entretien avec le jury

11. La recevabilité est la décision qui découle de l’étude du dossier de demande de validation. Le service de validation d’acquis vérifie que le candidat a trente-six mois d’expérience professionnelle salariée, non salariée ou bénévole en lien avec le diplôme visé. (seul critère d’accès à la démarche de VAE). L’étude de cette recevabilité se fait sur la base d’un dossier dans lequel le candidat fait état de son parcours de formation et parcours professionnel. Il y décrit, pour chacun des emplois occupés, les différentes activités qu’il a développées, son degré d’autonomie et ses principales responsabilités. Il doit fournir les justificatifs qui attestent de son expérience. Un justificatif est un document qui précise la durée de l’emploi occupé, la nature du poste. Il peut s’agit d’une attestation d’employeur, un certificat, un bulletin de salaire si sur celui-ci sont précisés les éléments pré-cités.  Cette recevabilité est également étudiée d’un point de vue disciplinaire sous la forme d’un entretien avec un référent du diplôme visé. Cet entretien a pour objectif de vérifier que le lien entre le parcours du candidat (les acquis de son expérience) et les exigences du diplôme est suffisamment étroit. La poursuite de la VAE est conditionnée à cette recevabilité.

12.L’accompagnement en VAE est facultatif. Cette « prestation » a été instaurée en partant du principe qu’il est difficile pour un candidat d’établir le lien entre ses acquis et le contenu du diplôme. L’accompagnement a pour objectif de faciliter l’élaboration du dossier VAE et de préparer le candidat à l’entretien avec le jury.
La prestation d’accompagnement à l’Université de Toulouse le Mirail est conçu de la manière suivante :
– volet disciplinaire : suivi effectué par un référent du diplôme qui permet :

  • D’amener le candidat à se positionner sur l’ensemble des composantes du diplôme.
  • De donner des précisions au candidat sur les attendus du diplôme : contenu pédagogique, scientifique…
  • D’aider le candidat à sélectionner les expériences pertinentes en lien avec le diplôme visé.
  • De définir le concept de situations problèmes et l’aide à dégager les connaissances et compétences mobilisées.
  • D’apporter une aide à la distanciation et à la conceptualisation des acquis au regard du diplôme postulé.
  • De stimuler le candidat dans la rédaction de son dossier.

–          volet méthodologique : regroupements collectifs permettant les échanges entre candidats dans leur démarche, et abordant des thématiques telles que « comment expliciter son parcours professionnel », « les attentes du dossier de validation des acquis », ou encore « la préparation à l’entretien avec le jury ».

13. L’accompagnement est facultatif. L’UTM met à la disposition des candidats VAE des enseignants qui interviennent dans le diplôme visé. Néanmoins, le candidat VAE a la liberté de ne pas se faire accompagner dans sa démarche ou de se faire accompagner par la structure de son choix.

14. Oui. Aucun critère de formation préalable n’est retenu pour faire une démarche VAE.

15. Une fois la notification de recevabilité émise,  et avant de s’engager dans l’élaboration du dossier, il est nécessaire de procéder à l’inscription administrative au diplôme. La VAE est une modalité pour obtenir un diplôme. Comme tout examen, il faut être inscrit au diplôme pour pouvoir s’y présenter. Cette inscription se fait auprès de la cellule de validation des acquis auprès de laquelle il faut retirer le dossier d’inscription et s’acquitter des droits (en 2010/2011 : 178,57 € pour un DUT, Licence, licence professionnelle, DU ; 241,57 € pour un master)

16. Le fait de se faire accompagner dans sa démarche VAE a un coût. Celui-ci peut-être pris en charge en fonction du statut du candidat sous diverses modalités. Dans le cadre d’une activité salariée, le candidat peut demander le financement de sa VAE avec le plan de formation[41], le congé vae[42] ou le dif[43]. Un demandeur d’emploi peut demander un financement auprès de son conseiller Pôle Emploi, et utiliser la portabilité de ses droits acquis dans le cadre du DIF.

17. Le plan de formation est l’ensemble des actions de formation, de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) ou de bilan de compétences retenu par l’employeur pour ses salariés. Les textes de lois (Loi n°2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social) prévoient les dispositions. Le plan de formation est une initiative de l’employeur.

18. Le congé VAE est un droit qui permet à un salarié de demander à son employeur de s’absenter de son temps de travail pour suivre la prestation d’accompagnement. Une lettre doit être adressée à l‘employeur soixante (60) jours avant d’entamer la démarche. L’employeur peut décider de mettre le congé à une date ultérieure pour des raisons de service mais il ne peut pas le refuser. Si la demande est acceptée par l’employeur, il lui faut alors constituer un dossier de demande de prise en charge auprès de l’organisme auprès duquel son employeur cotise pour la formation de ses salariés (OPCA). Sa rémunération durant son absence peut alors être maintenue (pas de jours de congés retirés), et les frais relatifs à l’accompagnement pris en charge. Le salarié qui ne souhaite pas informer son employeur de sa démarche, peut contacter directement  l’OPCA. Si le financement lui est accordé, il devra alors poser des jours de congés pour suivre l’accompagnement.

19. Aucune obligation n’est faite à ce sujet. Il appartient à l’employé de prendre cette décision. La VAE est un droit individuel

20. Si l’entreprise dispose d’une convention collective définissant les grilles salariales en fonction des qualifications, l’employé grâce à l’obtention d’un diplôme, peut faire revaloriser son salaire. Néanmoins, l’employeur n’a aucune obligation de valoriser ou modifier le poste de travail de son employé.

                                                                                                                     Hervé BOURSIQUOT, Conseiller en Développement Professionnel


[1] In BOUTINET, J.-P. (2009). L’ABC de la VAE. Toulouse : Ed. Erès

[5] BOUTINET, J.-P. Op. cit.

[6] Université Toulouse Le Mirail

[7] PETERS, O. (1992) « Some observations on dropping out in distance Education” in Distance Education, Volume 13, Issue 2, pages 234-269

[8] Ce travail a été fait par Xavier BLAY et Cécile JOUIN

[9] In L’ABC de la VAE (2009) sous la direction de Jean-Pierre BOUTINET. Toulouse : Ed. Erès.

[10] « L’objet du coaching n’est pas de montrer à la chenille comment voler mais bien de créer une ouverture afin qu’elle puisse y voir la possibilité »

[11] Sens/Repères/Contrôle

[12] In Boutinet (op. cit.)

[13] GUICHARD, J. et HUTEAU, M., (2006). Psychologie de l’orientation. Paris : DUNOD

[14] In Maela Paul, op. cit. p.245

[15] LE BOTERF, G. (1993). L’ingénierie de l’évaluation et de la formation. Paris : Les éditions d’organisation

[16]WIEL, G. (2000), Sortir du mal-être scolaire – Promouvoir la fonction accompagnement. Saint-Etienne : Chronique sociale

[17] CROZIER, M. et FRIEDBERG, E. (1977). L’acteur et le système. Paris : Ed. du Seuil

[19] VERMERSCH, P., (1994). L’entretien d’explicitation. Issy-les-Moulineaux : ESF éditeur. 6ème édition(2010)

[20] In «  l’implication personnelle : un outil psychosocial pour comprendre le lien population-objet » Psicologia em Estudo (2007), Maringá, v. 12, n. 2, p. 423-432, maio/ago.

[21] Nous avons utilisé le tableur Excel pour le calcul. Étant donné que notre échantillon ne comporte pas une population large, nous avons utilisé les parts fractionnaires au lieu des pourcentages.

[22] Diplôme Universitaire

[23] Ils ont tous le niveau de doctorat

[24] LHOTELLIER, A. (2003). Tenir conseil, délibérer pour agir. Paris : Broché, éd. Seli Arslan

[25] Dans la posture de conseiller, la démarche vise toujours la co-construction des éléments de solution à une situation-problème.

[26] Technologies de l’Information et de la Communication

[27] Nombreux sont les candidats qui ne sollicitent pas trop le référent.

[28] Dans les nouvelles dispositions du service de la formation continue, le coût total de la démarche avec accompagnement s’élève à 1490€.

[29] La plate-forme Iris est utilisée pour présenter les cours des principales formations

[30] Environnement Numérique de Travail

[31] Étant donné qu’il y a très peu de places disponibles, seul un concours peut permettre de choisir ceux qui peuvent rentrer.  Aussi, les universités sont toutes dans la capitale, les postulants arrivent de toutes les villes de province pour s’inscrire. On compte dix départements donc dix villes de province d’où partent les étudiants pour venir s’inscrire dans la capitale.

[32] Centre Hospitalier Universitaire

[35] « Tout savoir sur la VAE à l’UTM » ou http://sfc.univ-tlse2.fr/21531926/0/fiche___pagelibre/

[37] Télécharger le fichier PDF du dossier de recevabilité à compter de mai 2011 (http://sfc.univ-tlse2.fr/54210302/0/fiche___pagelibre/&RH=1265021438001)

[38] Pièces justificatives : contrats de travail, bulletins de salaire, certificats d’employeurs, attestation de stage, copies des diplômes obtenus ou des formations suivies, etc.

[39] Si la notification fait état d’une « non recevabilité »,  la démarche VAE, telle que constituée, ne peut pas être poursuivie.

[40]Validation totale, validation partielle, aucune validation

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