Comprendre les inégalités éducatives exige de regarder au-delà de l’école. En Haïti, les conditions d’apprentissage s’inscrivent dans un environnement où se croisent contraintes économiques, structures sociales et fonctionnement des institutions. Cet article propose donc de lire ces dimensions ensemble afin de mieux saisir comment le contexte façonne les possibilités éducatives et pourquoi l’éducation ne peut être pensée indépendamment du développement de la société.
Les inégalités sociales et éducatives qui décrivent mieux Haïti représentent les résultats des choix des pouvoirs publics dans la gestion de la res publica, entre autres. C’est parce que l’acteur individuel n’est pas assez averti pour identifier le poids de son action infinitésimale sur le contexte que le rôle de l’éducation doit se renforcer. L’éducation renvoie au moule qui est travaillé constamment pour l’adaptation du profil du citoyen, il faut qu’on lui en parle, il faut une sensibilisation visant l’action concrète dans le bon sens. L’école doit apprendre au futur citoyen à construire son rôle dans le développement qui ne lui sera que bénéfique. C’est l’école qui forme les hommes politiques tout comme les professionnels de tous les domaines de la vie nationale.
Chaque fois que le contexte attire l’attention de tous à cause de sa dégradation, il ne s’agit plus uniquement d’intervenir sur les contenus et l’adaptation au temps mais également d’agir sur le profil du citoyen pour qu’il soit apte à agir en acteur de développement. C’est pourquoi la réforme curriculaire s’inscrit également dans cette dynamique de développement de tout un pays en travaillant sur le profil du citoyen capable de comprendre et de prendre ses responsabilités. Le développement s’éloigne d’un film dont le citoyen est spectateur, il nécessite son implication active. Le rôle de l’école est central et rien ne peut remplacer les acteurs éducatifs dans une dynamique de changement socioéducatif et de développement. Qui a dit que l’éducation élève une nation?
Le contexte économique
On ne peut penser durablement la croissance économique en Haïti sans la relier à la recherche et au développement, notamment dans le domaine de l’éducation. La recherche et développement (R&D) peut contribuer à éclairer les politiques publiques, à soutenir l’innovation et à mieux articuler formation, production de connaissances et développement national. Pour Haïti, l’enjeu est également de créer un environnement permettant aux chercheurs et aux professionnels hautement qualifiés, y compris ceux établis à l’étranger ou travaillant hors de leur domaine de compétence, de contribuer davantage à la production scientifique et au développement du pays. Une telle ambition suppose une volonté publique, des institutions capables de soutenir la recherche, des ressources financières et un environnement professionnel adapté.
Bien avant l’État haïtien, la ségrégation occupait le décor de la colonie française. Reprenant le Code Noir de 1685, Jacques Abraham (2020)1 explique que les esclaves n’avaient pas droit à l’éducation puisqu’ils étaient considérés comme des biens meubles. Charles Tardieu (1990) et Fritz Dorvilier (2012) inscrivent également leurs analyses dans cette histoire des inégalités éducatives. Ces héritages historiques ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer la situation contemporaine, mais ils rappellent que l’accès à l’éducation s’est construit dans des rapports sociaux profondément asymétriques.
Les indicateurs socioéconomiques mobilisés ici permettent surtout de replacer les difficultés actuelles dans une trajectoire longue. Les données de l’OCDE citées dans le texte initial remontent à 20112 et doivent donc être lues comme un repère historique, non comme une photographie de la situation présente. De même, les estimations de pauvreté disponibles pour Haïti restent contraintes par l’ancienneté des enquêtes auprès des ménages : la Banque mondiale indique que la dernière estimation officielle du taux de pauvreté national repose sur l’enquête de 2012, qui l’établissait à 58,5 %. Les données démographiques sont actualisées plus régulièrement : la Banque mondiale estime la population haïtienne à environ 11,77 millions d’habitants en 2024. Cette distinction entre données historiques et données plus récentes est indispensable pour analyser les inégalités sans confondre les périodes.
Au moment de la rédaction initiale de cet article, en juin 2024, le gouvernement dirigé par Garry Conille et le Conseil présidentiel de transition (CPT)3 s’inscrivaient dans une période de transition marquée notamment par une forte insécurité et par la faiblesse de l’activité économique. Cette référence doit donc être comprise dans son contexte de 2024. Plus largement, la question de l’emploi renvoie au rôle respectif de l’État et du secteur privé : l’État n’a pas vocation à absorber à lui seul la demande d’emploi, mais il lui revient de contribuer à la sécurité, à la régulation, aux infrastructures et à un environnement permettant l’investissement et la création d’activités. Certains sociologues de la trempe de Gérard Pierre-Charles diraient que la première mission de l’État haïtien serait de rendre sa présence plus marquante face à « la montée d’une bourgeoisie marchande qui se sent étrangère qui accumule du capital mais dépense son argent et investit à l’étranger4» au lieu de créer plus d’emplois mieux rémunérés au niveau du secteur industriel. Les données du PNUD de 2012 sur le chômage56 constituent, elles aussi, des données historiques et ne doivent pas être présentées comme des estimations actuelles. Ce qui demeure central pour l’analyse est la rareté de l’emploi formel et ses effets sur les trajectoires professionnelles et les identités sociales, dans le sens évoqué par Dubar (1991).
La faiblesse de l’offre d’emploi soulève également la question de l’articulation entre formation, compétences et employabilité. Comment éviter que le profil professionnel d’un individu devienne un obstacle à son insertion parce qu’il n’a pas eu la possibilité d’acquérir ou de faire reconnaître les compétences et les expériences attendues ? La difficulté à documenter et à valoriser les acquis expérientiels peut elle-même renforcer les inégalités d’accès au travail. Il importe donc d’examiner conjointement les contextes social, économique et politique qui interagissent avec l’éducation et influencent les trajectoires scolaires et professionnelles.
Le contexte social
Le contexte social haïtien est marqué par des inégalités qui se manifestent dans plusieurs dimensions : accès à l’école, qualité des apprentissages, emploi, revenus, santé, nutrition et accès aux technologies. Dans le champ éducatif, ces écarts peuvent se cumuler et produire des chances de réussite différentes selon l’origine sociale, le territoire et les ressources familiales. Les notions de société « non intégrée »7 et de société « non cohésive », mobilisées notamment dans les travaux de Duru-Bellat, Dubet et Vérétout (2010)8, offrent ici des catégories d’analyse plutôt que des étiquettes définitives appliquées à Haïti. Si l’inégalité d’accès à ces éléments comprend avant tout une dimension économique, il faut noter également une forme « d’insouciance des classes dominantes de mettre en place une politique réelle de développement et d’appliquer des mesures de réformes de nature à diminuer le fossé entre le luxe, le gaspillage des nantis et les insatisfactions des masses »9. Plusieurs auteurs haïtiens ont également analysé l’articulation historique entre hiérarchies sociales, couleur, pouvoir économique et accès aux ressources. La question formulée par Jean Price-Mars dans Ainsi parla l’Oncle (1928) — celle du rapport entre question de couleur et question sociale — rappelle précisément que ces dimensions doivent être étudiées dans leur contexte historique et social, sans réduire mécaniquement la position économique d’un individu à sa couleur de peau.
Le marasme économique observé à partir des années 1980 a eu des répercussions durables sur les ménages les plus pauvres et a contribué, parmi d’autres facteurs, aux dynamiques d’émigration. Dans le domaine scolaire, les contraintes financières des familles influencent fortement le choix des établissements et les conditions d’apprentissage. Dépourvus de moyens financiers pour scolariser leurs enfants, certaines familles se tournent vers les écoles «borlettes10» moins chères et offrant un enseignement de piètre qualité par rapport aux lycées publics peu nombreux et les écoles congréganistes appliquant des curricula internationaux dont les coûts sont très élevés et réservés à une clientèle plus aisée. Même si «réfléchir en termes d’inégalités ou d’exclusion fait obstacle à la dimension épistémologique de la démarche car on n’apporte rien du point de vue la compréhension du phénomène étudié11», l’évolution de l’homme social haïtien se fait dans un contexte d’exclusion dont l’école est le point de départ. Les différences de ressources entre écoles peuvent alors renforcer les inégalités initiales plutôt que les réduire. La provenance scolaire peut également peser sur les trajectoires ultérieures, notamment lorsque les réseaux sociaux, la réputation des établissements et l’accès à l’information interviennent dans l’insertion professionnelle. L’école risque ainsi de reproduire certaines inégalités sociales lorsqu’elle ne dispose pas des moyens permettant de les compenser.
Cette réflexion conduit aussi à interroger la forte centralisation de l’action publique et la place que pourraient occuper les collectivités territoriales dans une gestion plus proche des réalités locales, notamment en matière d’éducation et de développement. L’enjeu est de comprendre comment l’organisation des institutions, la distribution des ressources et les capacités administratives peuvent réduire ou, au contraire, renforcer les écarts entre territoires, établissements et groupes sociaux.
Le contexte politique
Depuis l’indépendance de 1804, l’histoire politique haïtienne a connu des configurations institutionnelles très diverses : empire sous Dessalines puis Soulouque, royaume dans le Nord sous Henri Christophe12, républiques, périodes de forte instabilité, régimes autoritaires et expériences démocratiques. Cette histoire ne suffit toutefois pas, à elle seule, à expliquer les difficultés politiques contemporaines. L’analyse doit distinguer les héritages historiques, les choix institutionnels, les rapports de pouvoir, les interventions étrangères et les dynamiques sociales propres à chaque période.
Ceux qui avaient du mal à voir un seul homme bénéficier des meilleurs privilèges tout en voulant placer le mot de l’ordre ont fini par l’assassinat du Père13 de l’Indépendance au Pont-Rouge le 17 octobre 1806. Les luttes fratricides et la difficulté de trouver un accord commun ont donné lieu à une scission dès 180714 avec deux États dont celui du Nord qui est un royaume ayant à sa tête le général Henri Christophe15 et celui du Sud qui se veut démocratique avec un Président de la République. A la mort de Christophe et de Pétion, un régime parlementaire s’est institué et les députés et sénateurs pouvaient choisir les chefs d’État.
La Constitution de 1987, adoptée après la chute du régime des Duvalier, a cherché à encadrer l’exercice du pouvoir et à organiser un système fondé sur la séparation des pouvoirs et les garanties démocratiques. Les crises institutionnelles ultérieures montrent cependant que l’existence de règles constitutionnelles ne garantit pas à elle seule leur effectivité. Pour comprendre les inégalités sociales et éducatives, la question centrale est donc celle de la capacité des institutions politiques à produire et mettre en œuvre durablement des politiques publiques, notamment dans l’éducation.
La participation politique individuelle dont Haïti témoigne se rapproche des propos de Dubet16 (et al. 2010) dans l’analyse du rapport du niveau d’éducation et de la participation politique. La participation politique en Haïti doit également être analysée en relation avec le niveau d’éducation17, la confiance dans les institutions et les conditions socioéconomiques. Les mobilisations collectives ont régulièrement joué un rôle dans la vie politique du pays, mais elles ne peuvent être réduites à un seul facteur explicatif. La confiance institutionnelle, la capacité de l’État à fournir des services, la participation citoyenne et l’effectivité des droits constituent autant de dimensions à prendre en compte. Pour l’éducation, cette question est essentielle : la continuité des politiques publiques, la capacité administrative et la légitimité des institutions conditionnent directement la possibilité de réduire durablement les inégalités scolaires.
La Constitution haïtienne organise l’État autour de trois pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. L’équilibre entre ces pouvoirs constitue un principe institutionnel, même si leur fonctionnement effectif a varié selon les périodes de l’histoire politique récente. Dans le cadre constitutionnel, le pouvoir législatif est exercé par la Chambre des députés et le Sénat, tandis que le pouvoir judiciaire relève des juridictions prévues par la Constitution et les lois. Pour l’analyse des inégalités éducatives, l’enjeu n’est pas seulement de décrire ces institutions, mais de comprendre comment la stabilité politique, le contrôle de l’action publique et la continuité administrative influencent la conception et la mise en œuvre des politiques d’éducation.
La Constitution de 1987 distingue précisément les mécanismes de mise en accusation et de jugement de certains hauts responsables publics. Son article 185 prévoit que le Sénat peut s’ériger en Haute Cour de justice. L’article 186 attribue à la Chambre des députés, à la majorité des deux tiers de ses membres, le pouvoir de mettre en accusation les responsables énumérés par le texte constitutionnel. Au-delà de cette architecture, une question demeure centrale pour notre propos : comment le fonctionnement des institutions, le contrôle parlementaire et les politiques publiques influencent-ils le développement du système éducatif ? L’existence de commissions parlementaires compétentes en matière d’éducation illustre le lien institutionnel entre gouvernance politique et politiques éducatives, même si leur rôle et leur effectivité doivent être analysés selon les périodes.
Références et notes
- Abraham, J. (2020). L’école haïtienne, entre ségrégation et rapports sociaux d’inégalité. Paris: L’Harmattan. Coll. Documentation haïtienne, p.26. ↩︎
- OCDE. (2011). Rapport 2011 sur l’engagement international dans les États fragiles : République d’Haïti. Éditions OCDE ↩︎
- Conseil Présidentiel de Transition ↩︎
- Pierre-Charles, G. (1986), « La crise sociale en Haïti et la lutte pour les droits du peuple, la conjoncture de crise et la crise globale du système ». Rencontre. No 26-27 septembre 2012, pp.101-114 ↩︎
- http://www.ht.undp.org/public/fichetechniquehaiti.php. PNUD: Programme des Nations Unies pour le Développement. ↩︎
- La situation de chômeur concerne toute personne ayant dépassé un âge spécifié (cf. population en âge de travailler,qui, au cours de la période de référence, était à la fois :
– sans travail, c’est-à-dire n’était pas pourvue d’un emploi, salarié ou non salarié, au cours de la période de,référence (une semaine).
– disponible pour travailler dans un emploi, salarié ou non, durant la période de référence (deux semaines).
– à la recherche d’un travail, c’est-à-dire avait pris des dispositions spécifiques au cours d’une période récente spécifiée (quatre dernières semaines ou douze derniers mois) pour chercher un emploi salarié ou non. Sources: « Résolution n°2 concernant les statistiques de l’emploi dans le secteur informel », BIT/OIT, 15ème Conférence internationale des statisticiens du travail, Genève, janvier 1993. ↩︎ - Dubet, F., Duru-Bellat, M., Vérétout, A. (2010). Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale. Paris: Seuil. p.15 [« dans cette perspective, plus le chômage est faible et les inégalités sociales limitées, plus on peut considérer qu’une société est intégrée puisque chacun y a une,place et une « fonction », et puisque les positions sociales ne sont pas trop éloignées les unes des autres »] ↩︎
- Idem, « Si l’on raisonne sur l’école, les meilleurs indicateurs de l’intégration sont le taux de scolarisation aux divers niveaux du système scolaire et le niveau académique acquis par les élèves », p.68 ↩︎
- Pierre-Charles, G. (1986). Op.cit. ↩︎
- La loterie nationale haïtienne est connue sur ce nom, il s’agit d’une appellation des écoles de mauvaise qualité d’enseignement, l’on se base également sur le mauvais état des infrastructures ainsi que les taux d’échec/réussite des élèves de ces écoles aux examens officiels ↩︎
- Frétigné, C. (1999). Sociologie de l’exclusion. Paris: L’Harmattan. ↩︎
- Dorsainvil, J.-C. (1934). Manuel d’Histoire d’Haïti. Port-au-Prince: Éditions Henri Deschamps. Procuré des Frères de l’Instruction Chrétienne ↩︎
- En l’occurrence Jean-Jacques Dessalines ↩︎
- Cette scission commença avec la Bataille de Sibert décrite ainsi par J.C. Dorsainvil « Le 28 décembre [1806], Christophe fut élu Président d’Haïti. Mais pendant ce temps, mécontent de la nouvelle constitution, c’est-à-dire des grands pouvoirs accordés au Sénat, il mettait l’armée du Nord sur pied de guerre et la poussait vivement contre l’Ouest. Quand on apprit l’entrée de Christophe à l’Arcahaie, la population de Port-au-Prince fut effrayée et s’enfuit de la ville. Pétion se porta contre son adversaire. La Bataille eut lieu le 1er janvier 1807 sur l’habitation Sibert à 12 kilomètres de Port-au-Prince. Les troupes de Pétion furent mises en déroute. Lui-même n’échappa à la mort que grâce à l’héroisme de Coutillien Coutard. Cet officier voyant son général poursuivi et en grand danger, lui enleva son chapeau à panache et s’en coiffa. Bientôt il tomba à la place de son chef, victime de son dévouement admirable. Mais pendant ce temps Pétion pouvait se jeter dans un canot, débarquer à Mariani et regagner le soir même Port-au-Prince. Yayou, aidé de Lamarre, arrêta Christophe à l’entrée de Port-au-Prince. Le siège de la ville commença ; pendant huit jours, elle résista à tous les assauts. Au bout de ce temps, Christophe se retira découragé. Mais, furieux de son échec, il ravagea la plaine du Cul-de-Sac où il ordonna un grand nombre de massacres. Il rentra au Cap et il organisa, d’après ses idées politiques, l’État du Nord. (Cf. Dorsainvil, J.-C. (1942). Op.cit. pp.130-131) ↩︎
- Dans La tragédie du Roi Christophe, Aimé Césaire décrit la vision de Christophe qui est à la fois un roi sanguinaire entrainant dans une mégalomanie le peuple du Nord touché par tous les problèmes sociaux à la construction d’une Citadelle. Christophe voyait d’un œil hypocrite la déclaration universelle des droits de l’homme qui stipulait que les hommes sont nés égaux en droit. Sa vision était que si tous les hommes sont des hommes, il y en a qui ont plus de devoirs que d’autres et il maintenait que les Noirs devaient prouver qu’ils étaient capables d’atteindre le sommet de leur objectif. ↩︎
- Dubet, F., Duru-Bellat, M., Vérétout, A. (2010). Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale. Paris: Seuil ↩︎
- Idem, p.31 « Plus les individus sont scolarisés, plus ils sont des citoyens actifs intéressés par la chose publique, pourtant, au plan collectif, les pays en moyenne les plus instruits ne sont pas forcément ceux dans lesquels la participation est plus forte ». ↩︎
Pour citer cet article : Boursiquot, H. (2024). Comprendre le contexte socioéconomique et politique pour mieux comprendre celui des inégalités sociales et éducatives en Haïti. boursiquotherve.com. https://doi.org/10.5281/zenodo.23200164
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